Gendarme percuté lors du Tour de France Femmes en Maine-et-Loire : La conductrice n’ira pas en prison

Le tribunal correctionnel d’Angers a rendu son verdict à l’issue d’une audience aussi singulière que marquante. Une femme de 53 ans a été condamnée à vingt-six mois de prison, dont dix-huit mois avec sursis, après avoir percuté un gendarme le lundi 28 juillet lors d’une étape du Tour de France Femmes, en Maine-et-Loire. Elle avait ensuite pris la fuite.
Ce jour-là, la prévenue circule à bord d’une voiturette sans permis dans la commune de Loiré, sur la commune déléguée d’Ombrée-d’Anjou. Exaspérée par les restrictions de circulation imposées pour sécuriser le passage de la course cycliste, elle tente de forcer un second barrage. Un gendarme tente de l’arrêter, mais elle redémarre brusquement et le percute au genou.
Comme le relate Ouest-France, la blessure est sans gravité, mais le geste est délibéré. S’ensuit une fuite rocambolesque : quatre véhicules de gendarmerie à ses trousses, une herse évitée, un détour de plusieurs kilomètres, jusqu’à une impasse où elle est finalement interpellée — non sans opposer une vive résistance et proférer quelques insultes.
Face au tribunal, cette femme sans antécédents judiciaires détonne. Naturelle, presque candide, elle reconnaît sans détour les faits. « Oui, c’est la vérité. J’ai mal agi. Je lui ai foncé dessus, alors qu’il a été très correct avec moi. Très poli. J’ai eu un comportement stupide. Je m’excuse auprès de tout le monde », déclare-t-elle à la barre, d’une voix franche.
Une attitude qui trouble même l’avocat du gendarme blessé. « Cette audience est presque touchante. La prévenue est attendrissante. On en oublierait presque pourquoi on est là. On en oublierait presque la gravité des faits », glisse Me Nicolas Dirickx, tout en rappelant que « les gendarmes ne sont pas négligeables ». Il réclame réparation pour le préjudice physique et moral subi par son client.
La procureure, elle, se montre ferme : « Les faits sont aussi simples qu’inacceptables. Il est inadmissible que les forces de l’ordre soient traitées de la sorte », insiste-t-elle en demandant deux ans de prison, dont un ferme.
En défense, Me Olivier Rolland brosse le portrait d’une femme atypique, marginale, « qui vit dans sa caravane, avec son chien, à écouter de la musique et à chanter ». Placée autrefois sous tutelle, souffrant visiblement d’un problème d’intolérance à la frustration, elle n’a rien, selon lui, d’une délinquante. Il plaide une sanction proportionnée : « Votre justice doit être exemplaire, mais juste. »
Le tribunal a opté pour une peine mixte : huit mois de prison ferme sous bracelet électronique, dix-huit mois avec sursis. La mise en cause échappe à la prison. La voiturette a été confisquée. Le gendarme sera indemnisé.

