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Deux jeunes Françaises arrêtées et incarcérées en Turquie pour trafic de cannabis : une famille dénonce une manipulation depuis une prison en France

·La rédaction⏱ 3 min
Deux jeunes Françaises arrêtées et incarcérées en Turquie pour trafic de cannabis : une famille dénonce une manipulation depuis une prison en France

Deux jeunes Françaises, dont une étudiante amiénoise de 21 ans, risquent 16 ans et huit mois de prison en Turquie pour trafic de stupéfiants. Elles ont été arrêtées en février dernier à l’aéroport d’Istanbul, en escale entre la Thaïlande et la Belgique, avec des valises contenant du cannabis. L’une des familles pointe une manipulation orchestrée depuis une prison française.

Selon les informations de France Inter, les jeunes femmes ont été interpellées par les douanes turques alors qu’elles transportaient deux valises cadenassées. À l’intérieur : une quantité importante de cannabis. Elles affirment ne pas avoir eu connaissance de leur contenu réel. Ibtissem, l’une des deux accusées, explique avoir été contactée par un ami d’enfance lui proposant un voyage en Thaïlande tous frais payés.

« Elle n’a pas de moyens, alors quand il lui a promis des vacances, ça l’a fait rêver », confie sa tante. Le voyage se déroule sans incident jusqu’à leur retour. À l’aéroport de Bangkok, un homme inconnu leur remet deux valises censées contenir des contrefaçons. C’est à Istanbul, lors d’une escale, que les autorités turques découvrent la drogue.

Une manipulation dénoncée par la famille

Maître Carole-Olivia Montenot, avocate de la famille d’Ibtissem, affirme que la jeune femme a été manipulée par ce même ami d’enfance, aujourd’hui incarcéré à la maison d’arrêt d’Amiens. Selon elle, l’homme aurait orchestré toute l’opération depuis sa cellule, à l’aide d’un téléphone portable.

L’avocate a saisi le parquet d’Amiens en vertu de l’article 40 du Code pénal. Elle demande l’ouverture d’une enquête sur les « agissements criminels » du détenu et pointe la responsabilité de l’administration pénitentiaire : « Comment un prisonnier peut-il encore gérer des trafics depuis sa cellule sans que personne n’intervienne ? »

Dans un communiqué, la famille d’Ibtissem réclame des poursuites pénales contre le détenu et accuse l’État français d’un « manquement grave » dans la surveillance de ses établissements pénitentiaires. Elle espère que ces éléments permettront à la justice turque de mieux comprendre la situation et d’envisager une libération.

Jugement attendu en septembre

Les deux jeunes femmes doivent être jugées le 11 septembre prochain à Istanbul. Leur avocate souhaite obtenir un report de l’audience dans l’attente des investigations françaises. En attendant, Ibtissem reste détenue à Istanbul, où sa famille a pu lui rendre visite à plusieurs reprises.

« Elle ne pensait pas qu’elles transportaient de la drogue », insiste sa tante. La défense espère désormais faire reconnaître la naïveté et la vulnérabilité d’Ibtissem, qui ignorait même que son ami était incarcéré.

L’affaire soulève de nombreuses questions sur les failles de contrôle dans les prisons françaises, et sur la responsabilité des autorités face à de telles manipulations transnationales.

La rédaction

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