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Paris : Voyeurisme dans les piscines, « Nous ne pensions pas que le phénomène était d’une telle ampleur »

·La rédaction ⏱ 3 min
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Face à une vague de témoignages dénonçant des faits de voyeurisme et d’agression dans les piscines municipales, la Ville de Paris réagit. Sous l’impulsion de Pierre Rabadan, adjoint à la maire chargé du sport, un plan d’action concret est mis en œuvre pour protéger les usagères et renforcer les dispositifs de prévention.

Depuis la prise de parole publique de la journaliste Laurène Daycard, filmée à son insu dans une cabine de piscine, les réseaux sociaux ont vu émerger de nombreux témoignages similaires. Interrogé par Le Parisien, Pierre Rabadan reconnaît avoir été surpris par l’ampleur du phénomène. « Nous ne pensions pas que le phénomène était d’une telle ampleur. Beaucoup de victimes ne parlaient pas ou ne savaient pas comment signaler les faits », explique-t-il.

Pour y remédier, la Ville de Paris met en place un protocole de signalement dès le début du mois de juillet. Des réunions sont rapidement organisées avec les principales parties prenantes : victimes, responsables d’équipements sportifs, direction des sports et associations. « Cela a permis aux usagères de partager leur vécu et de bâtir ensemble des réponses concrètes », souligne l’élu.

Surveillance renforcée et formation du personnel

Parmi les premières mesures concrètes : le lancement d’un audit structurel des piscines, la formation obligatoire des 600 agents travaillant dans ces établissements à l’écoute des victimes, et une présence renforcée dans les vestiaires. « Les agents effectuent désormais des inspections quotidiennes dans ces zones sensibles », précise Pierre Rabadan.


Des cabines mieux identifiées, mais pas de créneaux non mixtes généralisés

Interpellée sur la question de la non-mixité des vestiaires ou de la mise en place de créneaux réservés aux femmes, la Ville opte pour une solution intermédiaire : la signalisation claire des cabines selon plusieurs catégories — femmes, hommes, familles, et personnes non binaires. « La non-mixité généralisée pose problème en pratique, notamment pour les parents. Quant aux créneaux, nous n’avons pas assez de plages horaires disponibles pour les instaurer sans impacter le public », argumente l’adjoint au sport.

Vers un protocole judiciaire partagé

La Ville ne compte pas s’arrêter là. Une nouvelle réunion est prévue à la rentrée avec la volonté d’impliquer davantage les autorités judiciaires. « Nous souhaitons que le parquet de Paris rejoigne la démarche. Actuellement, une fois l’agresseur interpellé, nous ne savons pas ce qu’il advient ensuite. Il faut un suivi plus clair », insiste Rabadan.

Enfin, une lettre a été adressée à la ministre des Sports pour faire remonter cette problématique à l’échelle nationale. « Ce n’est pas uniquement un sujet parisien. Il faut que chaque collectivité puisse s’en saisir », conclut-il.

La Ville de Paris entend ainsi transformer l’indignation en action, avec l’espoir que ces mesures contribueront à faire des piscines des lieux sûrs pour toutes et tous.

La rédaction

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