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Nîmes instaure un couvre‑feu pour les mineurs face à l’escalade de violences liées au narcotrafic

·La rédaction ⏱ 3 min
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La Ville de Nîmes annonce l’instauration immédiate d’un couvre‑feu provisoire pour les mineurs de moins de 16 ans, après une série d’affrontements armés qui secouent plusieurs quartiers.

À partir de ce soir, les jeunes non accompagnés ne pourront plus circuler entre 21 heures et 6 heures dans les secteurs les plus sensibles de la ville. La mesure, valable pour quinze jours, est « renouvelable si nécessaire », précise la mairie, qui la présente comme « préventive » et destinée à « protéger les mineurs, éviter qu’ils soient exposés aux violences en cours et contenir les tensions ».

Cette décision survient dans un contexte de flambée de violences attribuées aux réseaux de trafic de drogue. La municipalité évoque « fusillades, règlements de comptes, tensions entre bandes » qui se multiplient depuis plusieurs semaines relate Le Parisien.

Une série noire dans les quartiers sensibles

Dernier épisode en date : jeudi soir, une fusillade éclate sur l’une des places principales du quartier Pissevin. Aucun blessé, mais des impacts de balles relevés sur un mur d’immeuble et une porte d’ascenseur. Mardi, à quelques kilomètres de là, le corps d’un jeune homme de 19 ans, tué par balles puis partiellement calciné, est retrouvé dans un village proche de Nîmes. Selon la procureure Cécile Gensac, ce meurtre pourrait être « en lien avec une succession de faits criminels » survenus récemment à Pissevin, Valdegour et Mas de Mingue.


Le 10 juillet, dans le quartier du Mas de Mingue, un homme est abattu et un autre grièvement blessé par des assaillants en voiture. Le 27 juin, au pied des immeubles de Valdegour, une fusillade en pleine journée fait six blessés, dont quatre mineurs.

D’après une source proche de l’enquête, la victime retrouvée mardi serait originaire de Seine‑Saint‑Denis. Le mode opératoire évoque les pratiques des réseaux marseillais, qui enrôlent de très jeunes hommes venus d’autres régions, attirés par l’argent facile et considérés comme « sacrifiables ».

Des renforts policiers mobilisés

Face à cette spirale de violences, le préfet du Gard, Jérôme Bonet, annonce l’arrivée d’une seconde compagnie républicaine de sécurité (CRS) et le renfort d’unités spécialisées nationales pour appuyer les enquêteurs nîmois. Vendredi, il réunit représentants de la ville, de l’agglomération, des sapeurs‑pompiers et de la Poste pour plancher sur la sécurisation des agents et des services publics dans les quartiers touchés. D’autres réunions sont prévues avec les bailleurs sociaux et les associations locales.

Le maire de Nîmes, Jean‑Paul Fournier (Les Républicains), dénonce « l’action armée des narcoterroristes » qui, selon lui, crée « un climat de peur et de terreur ». Avec ce couvre‑feu inédit, la Ville espère freiner l’escalade et protéger ses habitants, alors que les habitants des quartiers concernés vivent, eux, dans l’angoisse des prochains tirs.

La rédaction

Actu Forces de l'Ordre suit et vérifie l'actualité de la police, de la gendarmerie, de la justice et des faits divers en France, à partir de sources officielles et de médias reconnus.

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