Prison saturée : Le parquet de Bobigny freine les placements en détention jusqu’en août

Le parquet de Bobigny prend des mesures exceptionnelles pour désengorger les prisons, saturées à un niveau alarmant.
Confronté à une surpopulation carcérale qui atteint des sommets, le procureur de la République ordonne la limitation des placements en détention jusqu’au 31 août 2025. Cette décision vise notamment la maison d’arrêt de Villepinte, dont le taux d’occupation dépasse les 200 %.
Au 1er juin 2025, la densité carcérale nationale culmine à 135 %, avec plus de 84 000 détenus contre environ 77 880 un an plus tôt. Face à ce phénomène, le parquet de Bobigny recommande de modérer les incarcérations non urgentes, en donnant la priorité aux peines aménageables.
Seules les affaires graves, en particulier les violences aux personnes, continueront à faire l’objet d’une détention systématique relate VA.
Trois mesures clés encadrent cette politique temporaire : les arrestations différées pour les peines inférieures ou égales à 18 mois sans mandat d’arrêt (hors violences intrafamiliales et atteintes aux personnes), la priorité donnée aux aménagements de peine comme le bracelet électronique ou la semi-liberté, et la suspension des écrous immédiats pour les peines d’un an ou moins, désormais soumises à l’avis du juge d’application des peines.
Ces mesures s’inscrivent dans une gestion locale de l’urgence pénitentiaire. Ce jeudi matin, Gérald Darmanin a réuni en visioconférence les chefs de juridiction et les directeurs d’établissements pénitentiaires pour encourager une action concertée.
Le ministère de l’Intérieur confirme cependant qu’il n’envisage pas de régulation nationale par libérations anticipées. La politique pénale reste ferme, en particulier pour les dossiers liés aux atteintes aux personnes, à la criminalité organisée, aux trafics de stupéfiants et aux actes à caractère raciste, antisémite ou homophobe.

