Lorient : Il agresse un policier avec un coutelas népalais, « la vie du fonctionnaire s’est jouée à quelques centimètres »
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirLe tribunal correctionnel de Lorient a condamné lundi 30 juin un homme de 28 ans, originaire de la ville, à neuf ans de prison, dont un an assorti d’un sursis probatoire, pour avoir violemment agressé un policier avec un coutelas népalais. Les faits remontent au 8 août 2024, à l’issue d’une altercation familiale survenue au petit matin.
Ce jour-là, excédé par une dispute avec sa mère au sujet de sa consommation de tabac dans la maison, le jeune homme, Jules Le Tinier, avait jeté des objets en sa direction avant de briser une baie vitrée. Comme le relate Ouest-France, lorsque son frère menace d’appeler la police, l’agressivité du Lorientais monte d’un cran. Armé d’un pied de table, il poursuit ce dernier dans la rue, forçant sa famille à se réfugier chez un voisin.
À l’arrivée des forces de l’ordre, la situation bascule dans la violence. Vêtu d’un treillis militaire et d’un tee-shirt sombre, Le Tinier attend les policiers à l’intérieur de la maison, coutelas à la main — un kukri népalais habituellement utilisé pour le jardinage ou la découpe de viande. À peine la porte franchie, le premier policier est frappé au visage, dans une attaque que l’avocate des forces de l’ordre, Me Élodie Grelot, n’a pas hésité à qualifier de « guet-apens ». « La vie du policier s’est jouée à quelques centimètres », a-t-elle insisté à l’audience.
Le procureur Bastien Diacono a, lui, dénoncé une attaque « d’une extrême gravité », initialement qualifiée de tentative de meurtre. Il a souligné que l’accusé, déjà condamné pour des faits similaires en 2023 et 2024, s’en était notamment pris aux symboles de l’autorité, allant jusqu’à incendier la porte de la gendarmerie de Vannes et tenter de mettre le feu à la sous-préfecture de Brest.
Devant le tribunal, Jules Le Tinier a parlé peu. Incarcéré depuis près d’un an, il a contesté les témoignages à charge et assuré avoir seulement voulu se défendre : « Ils allaient m’abattre. J’ai voulu me défendre », a-t-il affirmé, expliquant avoir abattu la lame sur l’embrasure de la porte pour empêcher les policiers d’entrer. Il a nié toute volonté politique derrière ses actes, tout en refusant de se soumettre à une expertise psychiatrique, qu’il juge « toujours à charge ».
Isolé socialement depuis plusieurs années, après des hospitalisations psychiatriques liées à une consommation de drogues et un échec d’insertion professionnelle malgré une formation en boucherie, l’homme semble nourrir une aversion marquée pour toute forme d’autorité, a résumé le procureur.
Le tribunal a finalement suivi les réquisitions du parquet. L’homme a été condamné à neuf ans de prison, dont un an avec sursis probatoire pendant trois ans, assorti d’une période de sûreté de la moitié de la peine. Il lui est interdit de séjourner dans le Morbihan pendant cinq ans. Il devra également suivre un traitement, indemniser la victime — un policier toujours en arrêt de travail selon le quotidien régional — et restera en détention.
