Jeunes, quad, barbecues sauvages : à Épône « Il faut rétablir l’autorité de l’État »
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirDans la commune paisible d’Épône, située entre Mantes-la-Jolie et Les Mureaux, au cœur des Yvelines, un besoin de fermeté s’exprime fortement parmi les habitants. Avec ses presque 7 000 résidents, cette ville dynamique et tranquille a néanmoins connu quelques épisodes de tensions, notamment lors des émeutes de 2023 où des poubelles ont brûlé dans le quartier des Frères-Laporte. Une manifestation ponctuelle qui n’a pourtant pas occulté un malaise plus profond : un sentiment que l’autorité de l’État recule progressivement.
« Moi, je suis favorable à un couvre-feu pour les jeunes », confie Fatima, locataire du quartier, au Parisien. « Ils foutent le bordel jusqu’à pas d’heure et nous insultent quand on leur demande de faire moins de bruit. Voir des enfants de 7-8 ans dehors la nuit, c’est inacceptable. Les parents sont responsables. En les mettant face à leurs devoirs, on réglerait beaucoup de problèmes de délinquance. » Un autre habitant, resté anonyme, s’insurge contre « les imbéciles qui roulent en quad et en moto n’importe comment ». « Pourquoi la police ne fait rien ? Pourquoi laisse-t-on ces inconscients mettre en danger les enfants ? Il faut rétablir l’autorité de l’État, ça commence là. On ne doit rien laisser passer. »
Une police municipale efficace mais limitée
Épône dispose d’une police municipale active, composée de trois agents qui surveillent la commune depuis des années. Pourtant, ces agents dénoncent les contraintes liées à leurs pouvoirs limités. « Plus de compétences, pourquoi pas, mais avant tout il faudrait alléger le fonctionnement de la police », explique l’un d’eux. « Aujourd’hui, nous ne pouvons pas infliger d’amendes forfaitaires délictuelles, qui permettraient une réponse rapide à certains délits. Nous devons systématiquement faire appel à la police nationale, ce qui fait perdre un temps précieux. »
Le sentiment d’impunité d’une partie de la jeunesse est également pointé du doigt : « Certains organisent des barbecues sauvages sans craindre la sanction. Ils n’ont plus peur de la police. Il manque de la fermeté judiciaire. Parfois, des délinquants sont relâchés dans l’heure qui suit leur arrestation. »
Dans le cadre du « plan banlieues » proposé par Vincent Jeanbrun, député LR, figure notamment la mesure controversée de la majorité pénale à 16 ans. Cette idée recueille un accueil favorable auprès des policiers municipaux. « Je ne comprends pas le tabou autour de ce sujet, » regrette un fonctionnaire. « Les jeunes obtiennent leur permis à 17 ans, on parle de droit de vote à 16 ans, alors pourquoi pas la majorité pénale ? Certains mineurs sont conscients de leurs actes, ils n’ont pas l’excuse de la jeunesse. »
La prévention avant la répression
Depuis 2023, Ivica Jovic, maire LR d’Épône, privilégie toutefois une approche plus mesurée. S’il reconnaît que sa ville a échappé au pire grâce à un important travail de prévention, notamment par le biais d’éducateurs de rue, il met les parents au cœur de la stratégie. « On n’avancera pas sans eux », insiste-t-il.
Le maire propose la mise en place d’un « contrat d’accompagnement parental » entre la mairie, la police municipale et les familles. En cas d’incident, une commission de discipline convoquerait le jeune et ses parents pour le responsabiliser. L’occasion aussi pour le jeune de réparer ses fautes, avec une sanction en cas de récidive.
À Épône, la quête d’un équilibre entre fermeté et accompagnement semble être la clé pour rétablir l’autorité de l’État dans les quartiers.
