Drame familial dans l’Essonne : Un octogénaire tue sa sœur de 93 ans pour une querelle d’héritage vieille de 35 ans
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirUn drame s’est déroulé dans un petit village du sud de l’Essonne le 6 juin dernier. Ce jour-là, Jean C., 84 ans, a été interpellé pour avoir abattu sa sœur Marie-Thérèse, âgée de 93 ans, à coups de fusil de chasse. À l’origine du drame : un conflit d’héritage larvé depuis plus de trois décennies. Une information judiciaire pour « homicide volontaire » a été ouverte. L’homme a été placé en détention provisoire.
À Chalo-Saint-Mars, village boisé d’environ 1 000 âmes, la sirène des véhicules de gendarmerie et de secours a surpris bien des habitants. « Il y en avait dans tous les sens », rapporte un témoin encore marqué par le tumulte dans Le Parisien. Le convoi a pris la direction du Manoir du Tronchet, une élégante bâtisse du XVIIe siècle, classée monument historique et propriété de la fratrie.
C’est Jean C. lui-même qui a contacté les forces de l’ordre. Calme au téléphone, il a déclaré avoir tiré sur sa sœur près du poulailler du domaine, aux alentours de 8 heures. À leur arrivée, les secours ne peuvent que constater la gravité des blessures de la victime. Marie-Thérèse C. succombera rapidement. Le parquet d’Évry a confirmé l’ouverture d’une information judiciaire et la mise en examen du suspect pour homicide volontaire.
Des tensions connues de tous
Derrière les grilles du manoir, le drame couvait depuis longtemps. Jean et Marie-Thérèse, copropriétaires du domaine, entretenaient des relations houleuses depuis plus de 35 ans, notamment autour d’un différend lié à l’héritage familial. Procédures judiciaires à répétition, querelles internes… Le conflit était de notoriété publique dans le village.
Et pourtant, ils vivaient toujours côte à côte, chacun dans une aile de la demeure. Jean avec sa femme et un de ses fils ; Marie-Thérèse seule, mais active, notamment dans la gestion d’une salle de réception louée à des traiteurs. Ce jeudi encore, un groupe de retraités y déjeunait, comme si rien n’était arrivé.
Une figure locale au caractère bien trempé
Dans le village, le choc est immense. Marie-Thérèse était connue. « Elle venait souvent manger ici, elle racontait toujours des anecdotes sur l’histoire du coin », confie Sandra, serveuse dans un café-restaurant local. Une femme polie et exigeante, dotée d’un certain caractère, selon les témoignages. « Pas méchante, mais elle savait ce qu’elle voulait », résume-t-elle.
Jean, lui, reste une figure plus discrète. Peu vu dans le village, jugé distant voire « un peu ours », il bénéficie malgré tout de quelques soutiens. « Il ne faut pas le juger sur ce qu’il a fait. C’est quelqu’un de bien, il a juste été brisé par cette histoire », affirme un proche.
Une tragédie sur fond de rancœurs familiales
Jeudi soir, le fils aîné de Jean C. accepte de parler brièvement. D’une voix tremblante, il évoque les longues années de procédures judiciaires : « Cela fait 35 ans qu’on est dans les tribunaux. Papa avait tout essayé. » Sans s’attarder sur les détails du conflit, il laisse entrevoir la complexité du dossier. Sa tante, qu’il décrit comme « manipulatrice », aurait nourri, selon lui, une jalousie tenace à l’égard de son frère.
« Il a fait ça par désespoir. Vraiment par désespoir », souffle-t-il, sans chercher à excuser, mais à expliquer un geste qui laisse toute une communauté abasourdie.
