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Mariage refusé à Béziers : Robert Ménard devant la justice, le maire assume un choix de bon sens

·La rédaction ⏱ 4 min
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En refusant de célébrer le mariage d’un homme sous le coup d’une OQTF, le maire de Béziers, Robert Ménard, a déclenché une tempête médiatique et judiciaire. Mais pour beaucoup, dont des responsables politiques de premier plan, il n’a fait qu’appliquer la loi et défendre l’intérêt général.

Le 6 juillet 2023 à Béziers, un mariage ne s’est pas tenu comme prévu. Comme le relate La Provence, Eva et Mustapha, un couple mixte, se présentent à la mairie, habillés pour la cérémonie. Mais à leur arrivée, la porte est close. Le maire, Robert Ménard, a refusé de les unir. Pourquoi ? Parce que Mustapha est sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF). En toute cohérence avec la loi et son rôle de représentant de la République, le maire a dit non.

« Je ne veux pas être obligé à marier quelqu’un dont la loi dit qu’il ne doit pas être en France », a déclaré Ménard au micro de BFMTV, ce jeudi 12 juin. Un rappel de bon sens dans une époque où les procédures de régularisation détournées par des mariages d’intérêt se multiplient.

Un maire qui respecte la loi, pas un tribunal sentimental


Pour Robert Ménard, ancien journaliste et cofondateur de Reporters sans frontières, le rôle d’un maire ne se résume pas à entériner des situations irrégulières. « Le maire se dépatouille comme il peut pour faire respecter la loi, et pour que le mariage ne soit pas un mariage qui permette de régulariser une situation (…) mais un mariage d’amour », a-t-il poursuivi.

Si aucune preuve formelle de mariage blanc n’a été retenue par le parquet, le maire a usé de son pouvoir d’appréciation. Et il ne regrette rien : « Heureusement, après je tombe sur un préfet qui l’a foutu dehors. Hugues Moutouh, saint Hugues Moutouh », a-t-il confié en février 2025 sur RMC. Un clin d’œil appuyé au préfet de l’Hérault qui a appliqué la décision d’expulsion.

Un procès qui interroge : veut-on vraiment punir ceux qui font respecter la loi ?

Pour avoir refusé de célébrer ce mariage, Robert Ménard risque aujourd’hui jusqu’à 5 ans de prison, 75 000 euros d’amende et une peine d’inéligibilité. Le 18 février 2025, il a refusé de plaider coupable devant le procureur de Montpellier. Il assume ses actes et ira jusqu’au bout : « Je préfère être jugé que complice. »

Alors même que le mariage blanc a été écarté par l’enquête, la situation pose une question de fond : peut-on moralement demander à un élu de célébrer un mariage quand l’un des conjoints est en situation irrégulière ? Pour de nombreux Français, la réponse est non. La loi devrait permettre aux maires d’agir avec discernement, sans être systématiquement poursuivis pour discrimination.

Le soutien croissant du monde politique

Le président Emmanuel Macron lui-même a pris position : « Ce cas est ubuesque parce que le droit est mal fait… Je crois que Ménard a raison, c’est le bon sens. » Le 13 mai sur TF1, il a appelé à un changement législatif pour sécuriser l’action des maires dans ce type de cas.

Bruno Retailleau (LR), dès 2023, déclarait : « Le bon sens, c’est qu’un clandestin qui a eu des problèmes avec l’ordre public, on puisse refuser son mariage. Ça ne me choque pas. »

Une loi pour protéger l’État civil face aux abus

Face à la multiplication des mariages de complaisance, le Sénat a adopté le 20 février 2025 une proposition de loi visant à interdire un mariage en France lorsque l’un des futurs époux est en situation irrégulière. Le texte, porté par le sénateur Stéphane Demilly, a été voté à une large majorité (227 voix contre 110). Il renforce les prérogatives des maires et du ministère public pour détecter les mariages frauduleux.

Certes, des précédents textes similaires ont été censurés en 1993 et 2003, mais la société a évolué. Il ne s’agit plus de restreindre un droit, mais d’empêcher son détournement. L’article 12 de la Convention européenne des droits de l’Homme garantit le droit au mariage — mais pas le droit de contourner les règles d’immigration.

Un symbole fort dans un climat de lassitude citoyenne

Dans une France confrontée à des défis migratoires et à un sentiment d’impuissance croissant des institutions, Robert Ménard incarne une posture attendue par une partie de l’opinion : celle de la fermeté et du respect de la loi. Son procès à venir sera plus qu’un simple jugement sur un mariage : il posera la question du rôle des élus locaux face à l’État de droit.

En refusant de se plier à une logique administrative aveugle, Robert Ménard a choisi de faire prévaloir la cohérence et la responsabilité. Pour beaucoup, il ne s’agit pas d’un scandale, mais d’un acte de bon sens.

La rédaction

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