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Arles : Un tueur à gages de la DZ Mafia détenait six téléphones en cellule, les syndicats pénitentiaires dénoncent une situation intenable

·La rédaction ⏱ 4 min
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Un nouveau téléphone saisi dans la cellule de Gabriel O., figure du grand banditisme marseillais, met le feu aux poudres chez les surveillants de la maison centrale d’Arles. L’UFAP-UNSa Justice dénonce une faillite sécuritaire et réclame son transfert d’urgence.

La découverte d’un sixième téléphone portable dans la cellule d’un détenu pourtant placé à l’isolement à la maison centrale d’Arles a fait bondir le syndicat pénitentiaire UFAP-UNSa Justice. Dans un communiqué publié ce mercredi, il exprime sa colère face à une situation jugée « absurde » et « dangereuse », illustrant, selon lui, l’impuissance croissante de l’administration à faire respecter les règles de sécurité dans les établissements les plus sensibles.

Le détenu en question n’est autre que Gabriel O., alias « Gaby », membre influent de la DZ Mafia relate Le Parisien, un clan criminel marseillais soupçonné d’avoir commandité plus de quarante homicides depuis 2023. Incarcéré à Arles, classé « haut de spectre », il bénéficie pourtant d’un régime d’isolement renforcé, avec même un second grillage de sécurité posé à sa fenêtre. Cela n’a pas empêché la saisie de six téléphones et de cinq cartes SIM, dont le dernier lot découvert dix jours à peine après la précédente trouvaille.

« Que faut-il de plus ? Un troisième grillage ? Un mirador dans sa cellule ? », ironise un communiqué de l’UFAP.

Des téléphones de luxe et la crainte de complicités internes

Selon un surveillant d’Arles souhaitant rester anonyme, les téléphones découverts ne sont pas de simples appareils de seconde main, mais les modèles les plus récents du marché : iPhone 16, Samsung haut de gamme. Des objets pouvant valoir jusqu’à 5 000 euros en détention, ce qui alimente les soupçons de corruption interne.


« Il ne faut pas se voiler la face : ils sont rentrés par la porte », affirme ce surveillant.

Le syndicat pointe également du doigt le maintien du détenu dans sa région d’origine, jugé contre-productif. « Pourquoi le garder à Arles alors qu’il pourrait être transféré dans le Nord, loin de ses soutiens ? » interroge un agent.

Un profil explosif, une autorité pénitentiaire dépassée

Gabriel O., incarcéré depuis 2019, est poursuivi pour plusieurs assassinats, dont le double meurtre du caïd Farid Tir, ainsi que celui d’un informateur de la police judiciaire de Mulhouse. Malgré les mesures d’isolement, il est soupçonné de continuer à diriger ses opérations criminelles depuis sa cellule, notamment l’organisation de l’assassinat d’un narcotrafiquant à Marseille fin 2023, et celui d’un proche du rappeur SCH.

Selon l’UFAP, il aurait même mis un contrat de 120 000 euros sur la tête d’un chef de détention des Beaumettes, après avoir écopé de 20 jours de mitard pour menaces envers la direction.

« Gabriel O. est une véritable bombe à retardement », alerte Wilfried Fonck, secrétaire national de l’UFAP-UNSa Justice.

Un transfert vers un établissement de sécurité maximale à Condé-sur-Sarthe ou Vendin-le-Vieil est envisagé. Ces structures sont censées accueillir les profils les plus dangereux du narcobanditisme français dans les mois à venir.

Une tentative de suicide en réaction à une nouvelle sanction

Selon Le Parisien, Gabriel O. aurait tenté de se suicider mercredi soir, après avoir appris son placement en quartier disciplinaire suite à la découverte des portables. Il aurait avalé des lames de rasoir devant le chef d’établissement. Pris en charge par les secours, il a été transféré à l’hôpital sous escorte renforcée des ERIS et de la police.

Un cas emblématique d’un problème national

Le cas de Gabriel O. n’est pas isolé. Le 9 mai dernier, un autre détenu dangereux, Guy B., également mis en cause dans plusieurs affaires d’homicides, avait été trouvé en possession d’un téléphone dans une cellule d’isolement à Fresnes. Le phénomène des portables en prison, malgré les interdictions, reste un talon d’Achille majeur pour l’administration pénitentiaire.

Face à ce qu’elle qualifie de « pied de nez à l’autorité de l’État », l’UFAP-UNSa exige des mesures fortes : transfert immédiat, fouilles renforcées, et tolérance zéro face aux complicités internes. Car comme le résume un surveillant : « Si on ne peut pas contrôler nos maisons centrales, que nous reste-t-il ? »

La rédaction

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