Malgré le drame d’Incarville, Mohamed Amra va être extrait sur Paris : Les magistrats ne se déplaceront pas
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirLe narcotrafiquant Mohamed Amra, surnommé « La Mouche », doit être extrait de sa prison ultrasécurisée « la semaine prochaine » pour être interrogé à Paris par les juges d’instruction de la Juridiction nationale de lutte contre le crime organisé.
Arrêté en février dernier après neuf mois de cavale, Mohamed Amra est incarcéré à la prison de Condé-sur-Sarthe (Orne). Comme le relate BFMTV, son extraction suscite une vive polémique, notamment chez les syndicats pénitentiaires. Et pour cause : le 14 mai 2024, lors d’une précédente tentative d’extraction au péage d’Incarville (Eure), un commando lourdement armé avait attaqué un fourgon pénitentiaire pour le libérer, causant la mort de deux surveillants et blessant grièvement trois autres.
Des syndicats révoltés : « Incompréhensible et inadmissible »
La décision de le faire comparaître physiquement à Paris provoque l’indignation des organisations syndicales. « Nous sommes outrés et scandalisés de cette extraction judiciaire », a déclaré l’un d’entre eux. Le syndicaliste déplore que le recours à la visioconférence, pourtant prévu par la loi, n’ait pas été retenu : « Le magistrat aurait très bien pu se déplacer sur son lieu de détention », affirme-t-il. « C’est incompréhensible et inadmissible envers nos collègues morts et blessés à Incarville. »
Une trajectoire violente et une cavale spectaculaire
Originaire de Seine-Maritime, Mohamed Amra est une figure du narcobanditisme français. Le 14 mai 2024, il avait été violemment libéré par un commando alors qu’il était transféré par l’administration pénitentiaire. Il avait ensuite disparu pendant neuf mois avant d’être localisé puis arrêté le 22 février dernier à Bucarest, en Roumanie.
Selon les enquêteurs, Amra avait déjà tenté de s’évader à plusieurs reprises avant le drame. Le 7 mai 2024, quatre hommes cagoulés avaient été repérés à proximité d’Evreux, probablement en préparation d’une tentative de libération. Et le 13 mai, un barreau scié avait été retrouvé dans sa cellule.
Un dossier tentaculaire : 38 personnes mises en examen
Le dossier autour de Mohamed Amra implique à ce jour 38 personnes mises en examen. Il mobilise des moyens judiciaires et policiers exceptionnels, en raison de la dangerosité du réseau criminel soupçonné et des violences perpétrées. Amra reste au cœur de cette affaire, qui incarne les nouveaux visages d’un narcobanditisme organisé et déterminé à défier l’État de droit.
