Meaux : Mis en examen pour agression sexuelle sur une policière, il se dénude au palais de justice
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirL’audience de ce lundi après-midi au tribunal correctionnel de Meaux devait juger en comparution immédiate un sans-papiers congolais de 49 ans, accusé d’agression sexuelle au centre de rétention administrative (CRA) du Mesnil-Amelot. Mais le procès a été renvoyé au 27 juin, face au mutisme obstiné du prévenu, qui n’a prononcé aucun mot durant toute la séance.
Le quadragénaire, déjà condamné à six reprises, dont une pour agression sexuelle, s’est contenté d’arborer un sourire énigmatique tout au long de l’audience. Mais comme le relate Le Parisien, un soulagement toutefois pour le tribunal : il ne s’est pas déshabillé dans le box des prévenus, contrairement à ce qu’il avait fait vendredi dernier dans le dépôt du palais de justice, obligeant un magistrat à venir dans sa cellule.
Un comportement jugé inquiétant
Placé en détention provisoire ce week-end, l’homme devait être jugé pour des faits remontant au mardi 13 mai, au CRA du Mesnil-Amelot, où il avait été transféré le 5 avril, après avoir purgé une peine de prison. Il fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF).
La victime présumée, une policière en poste au CRA, présente dans la salle d’audience, n’a pas eu la force de témoigner à la barre. Elle s’est contentée de quelques mots : « C’est juste le fait de le voir… » Une détresse que les juges ont pu constater.
Un passé psychiatrique évoqué
L’avocate du prévenu, Me Caroline Desré, a demandé une expertise psychiatrique, soulignant qu’un psychiatre de garde à vue avait conclu à un état normal sans même entendre la voix de son client. Elle a rappelé qu’en 2018, le tribunal correctionnel de Paris l’avait déclaré irresponsable pénalement en raison d’un trouble mental, ce qui avait conduit à une hospitalisation d’office.
Selon Me Desré, l’homme a brièvement parlé lors de sa garde à vue, déclarant : « J’ai envie de baiser, j’avais envie de baiser », ce qui, selon elle, soulève de sérieuses questions sur son état psychique.
Une détention prolongée
La substitute du procureur, Myriam Khouas, a appuyé la demande de détention provisoire, soulignant la dangerosité manifeste du prévenu, au vu de son lourd passé judiciaire. Les juges ont suivi cette réquisition, tout en accédant à la demande d’expertise psychiatrique.
Le procès, désormais fixé au 27 juin, devra non seulement juger les faits, mais aussi déterminer si l’accusé est pénalement responsable.
