Poitiers : À 95 ans, il doit payer une facture d’eau de 17.000 euros après plus d’un an de squat dans sa maison
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirUn nonagénaire de Poitiers est confronté à une facture d’eau colossale, fruit d’une occupation illégale de son logement rendu inhabitable. Son avocat dénonce une « situation d’injustice ».
C’est une affaire qui illustre, de manière brutale, les impasses juridiques et humaines auxquelles peuvent être confrontés certains propriétaires. Comme le relate BFMTV, à 95 ans, un habitant de Poitiers se retrouve redevable d’une facture d’eau de plus de 17.000 eurosaprès que sa maison a été occupée illégalement pendant plus d’un an.
L’habitation, laissée à l’abandon par les squatteurs en février 2025, est aujourd’hui dans un état déplorable : logement insalubre, fils électriques arrachés, tuyaux sectionnés… Et surtout, une canalisation brisée a engendré une fuite massive, cause principale de la consommation d’eau astronomique.
Pourtant, comme le rappelle son avocat, Me Georges Hemery, le propriétaire n’avait pas le droit de couper l’eau, même en présence d’occupants illégaux. Une absurdité selon lui : « La contrepartie logique à cette interdiction, c’est la prise en charge par la collectivité, qui vient se substituer au propriétaire dans le paiement des factures. »
Ce que le nonagénaire ne comprend pas non plus, c’est pourquoi la procédure d’expulsion a mis autant de temps à aboutir. Une demande avait bien été déposée, mais le préfet a refusé son concours en août 2024, estimant qu’il n’était pas prouvé que les squatteurs étaient entrés par « voie de fait, manœuvre ou violence ».
Une décision qui, selon Me Hemery, a contribué à aggraver la situation. « Aujourd’hui, bien évidemment, la maison n’est plus habitable. Et on demande à son propriétaire de payer pour des dégradations dont il est la victime. »
Alors que le dossier est désormais entre les mains de la justice, l’affaire soulève de nombreuses questions sur les droits des propriétaires face aux occupations illégales et le rôle de la collectivité dans la prise en charge des conséquences. Pour le principal intéressé, une seule urgence : que cette dette démesurée ne vienne pas, à son âge, s’ajouter à une épreuve déjà trop lourde.
