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Journée internationale des pompiers : pourquoi les jeunes volontaires se font de plus en plus rares ?

·La rédaction ⏱ 3 min
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À l’occasion de la Journée internationale des sapeurs-pompiers, la profession met en lumière une réalité préoccupante : les rangs des volontaires, pilier essentiel du système français de secours, s’amenuisent année après année. Une baisse d’effectifs qui inquiète les autorités et fragilise l’efficacité de certaines casernes.

🔥 Une vocation en crise

Être pompier, c’est répondre à un appel, une vocation tournée vers l’aide aux autres. Mais ce sens de l’engagement ne séduit plus autant les jeunes générations. En vingt ans, la France a perdu près de 30.000 sapeurs-pompiers, dont 7.000 volontaires, malgré des campagnes de recrutement massives. Le Service départemental d’incendie et de secours (SDIS) s’est fixé un objectif ambitieux : recruter 50.000 volontaires d’ici à 2030 pour compenser les pertes.

Dans de nombreuses casernes, cette pénurie a déjà des conséquences visibles : des effectifs trop réduits pour assurer les interventions, des délais allongés, et des casernes éloignées mobilisées en renfort sur des secteurs pourtant bien dotés… du moins sur le papier.

👨‍🚒 Le volontariat, pilier du système

En France, 78 % des sapeurs-pompiers sont des volontaires comme le relate CNews. Ce modèle unique, basé sur l’engagement citoyen, est en danger. Le problème ? Il ne s’agit pas tant d’un manque de candidatures que de la difficulté à trouver les bons profils, comme l’explique Philippe Cassignol, conseiller départemental référent pour le volontariat :


« On ne veut pas des athlètes, on veut des hommes et des femmes tout à fait ordinaires qui arrivent à courir un petit jogging, faire quelques pompes et quelques tractions. »

Mais même ce niveau d’engagement semble rebuter certains jeunes. Claude Kleinmann, volontaire depuis 45 ans dans le Bas-Rhin, observe une évolution du métier qui pourrait en partie expliquer cette désaffection :

« Les jeunes n’ont plus trop envie de s’engager. Les interventions sont de plus en plus sociales, loin de la mission première d’incendie. Il nous arrive de passer trois heures à l’hôpital à attendre qu’un patient soit pris en charge. »

👩‍🚒 La relève en question

Le constat est amer pour Zoé Joseph, en charge du recrutement des jeunes sapeurs-pompiers (JSP).

« C’est même difficile de recruter des JSP. Lors de nos dernières interventions dans un collège, les jeunes nous disaient bonjour, mais ne posaient aucune question. »

Ce désintérêt soulève une question plus large : comment redonner du sens à un engagement aussi noble ? Valérie Leclerc, responsable RH du SDIS de Haute-Garonne, plaide pour une revalorisation de l’image du métier :

« Les jeunes ont un accès à Internet qui permet la remise en question de la parole du commandement. Il faut entretenir la confiance, leur donner le sens de l’action. La nouvelle génération recherche un sens à ses activités, et nous avons un sens qui est noble. À nous de le valoriser. »

🚨 Une urgence silencieuse

La Journée internationale des pompiers est l’occasion de saluer l’engagement de ces hommes et femmes qui, souvent dans l’ombre, sauvent des vies. Mais elle met aussi en lumière une urgence silencieuse : celle de recréer un lien entre les jeunes et cette mission de service public, pour que demain encore, les sirènes puissent retentir sans délai.

La rédaction

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