Seine-Saint-Denis : Une mère brûle sa fille, victime de revenge porn, au fer à repasser
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirUne mère de famille a été placée en détention provisoire, vendredi 11 avril, pour avoir brûlé sa fille de 15 ans avec un fer à repasser. La jeune adolescente avait été filmée à son insu dans une vidéo à caractère sexuel diffusée dans son collège, entraînant un engrenage de violences tant scolaires que familiales.
Les faits trouvent leur origine dans une rivalité amoureuse entre trois adolescentes, élèves de troisième au collège Didier-Daurat du Bourget. Anna*, Alice* et Cynthia*, toutes âgées de 15 ans, auraient été attirées par le même garçon. Comme le relate Le Parisien, par jalousie, Alice aurait monté un stratagème avec la complicité de Cynthia. Fin mars, elles auraient piégé leur amie Anna en organisant un rendez-vous dans une cave, où cette dernière est filmée en train de pratiquer une fellation au garçon. La scène est ensuite diffusée sur les réseaux sociaux.
La vidéo se propage rapidement dans les téléphones des élèves du collège. Les deux adolescentes ne s’arrêtent pas là. Elles décident de montrer la vidéo à la famille d’Anna, dont elles connaissaient les tensions internes. Elles se présentent à son domicile et tombent sur le frère aîné, décrit comme violent. Celui-ci visionne les images et, dans un accès de rage, frappe sa sœur et tente de l’étrangler, sous les yeux des deux adolescentes.
Les violences se poursuivent quelques heures plus tard. Selon une source policière, la mère d’Anna aurait à son tour saisi un fer à repasser et tenté de brûler sa fille au visage. Elle se serait finalement rabattue sur son mollet. Anna présente une plaie au menton et une brûlure impressionnante sur la jambe, de forme rectangulaire, évoquant la semelle d’un fer à repasser. Le médecin légiste lui a prescrit dix jours d’ITT.
C’est une élève du collège qui, choquée par la diffusion de la vidéo, alerte l’équipe pédagogique. Comme l’explique le média parisien, convoquée par le principal le 9 avril, Anna finit par raconter l’intégralité des événements. L’établissement saisit immédiatement le parquet de Bobigny.
Une enquête est ouverte par la brigade locale de la protection de la famille. Seule l’une des deux adolescentes impliquées dans la diffusion se présente aux convocations policières. Elle reconnaît les faits. Les membres de la famille d’Anna sont également entendus. La mère nie toute intention de nuire et évoque un « accident ».
À l’issue de leur garde à vue, le vendredi 11 avril, la mère et le frère d’Anna sont déférés au parquet de Bobigny. « La mère de la victime a été placée en détention provisoire, tandis que son frère a été placé sous contrôle judiciaire dans l’attente de l’audience prévue le 30 mai devant la 17e chambre correctionnelle », précise le parquet. Le père, lui, devra suivre un stage de responsabilité parentale.
Du côté de l’Éducation nationale, le rectorat de Créteil indique suivre la situation de près mais refuse de commenter les mesures disciplinaires internes. Il rappelle toutefois l’existence d’un protocole en cas de diffusion de contenus à caractère sexuel dans un établissement. Les élèves impliqués peuvent être sanctionnés et les contenus signalés sur la plateforme Pharos.
