Hauts-de-France : Projet d’attentat à la ceinture explosive, il voulait imiter les attentats du 13 novembre 2015 au Bataclan
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirTrois jeunes hommes, âgés de 19 à 24 ans et originaires des Hauts-de-France, ont été interpellés cette semaine par les services antiterroristes, alors qu’ils projetaient une attaque d’inspiration djihadiste. L’un d’eux, présenté comme très radicalisé, envisageait de commettre un attentat suicide dans un lieu public, dans le but de faire un maximum de victimes.
C’est à la suite d’un signalement d’un proche, préoccupé par la possibilité d’un passage à l’acte imminent, que la Sous-direction antiterroriste (Sdat) et la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) ont pu rapidement identifier et interpeller ce trio. Selon les informations du Parisien, les suspects ont été placés en garde à vue mercredi dans le cadre d’une enquête ouverte par le parquet national antiterroriste (PNAT) pour association de malfaiteurs à visée terroriste, détention de produits explosifs, et non-dénonciation de crime.
Le groupe, originaire de Lille et Dunkerque, avait ciblé divers lieux : un foyer pour jeunes, une boîte de nuit, un restaurant, et même un site lié à la communauté juive. Leur ambition était claire : imiter les attentats du 13 novembre 2015 au Bataclan, en se faisant exploser au cœur de la foule pour semer la terreur. Leur objectif, selon leurs propres mots, était de « noyer dans le sang les mécréants ».
Morad M., le meneur radicalisé
Parmi les trois interpellés, Morad M., 19 ans, est désigné comme le cerveau du groupe. Il partageait sur les réseaux sociaux des messages d’allégeance à l’organisation État islamique (EI), appelant à commettre des attentats et glorifiant des djihadistes ayant frappé la France par le passé. Il avait notamment relayé les actes de Khamzat Azimov, auteur de l’attaque au couteau de l’Opéra à Paris en 2018. Bien qu’il n’ait jamais été inscrit au Fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT), il était connu des services de renseignement pour des propos menaçants et avait déjà été signalé pour avoir proféré des menaces en ligne à l’encontre de l’internaute Mila.
Les perquisitions ont permis la découverte d’un gilet modifié contenant des pétards, servant probablement de tests pour l’introduction future de véritables charges explosives. Une liste d’ingrédients nécessaire à la fabrication de TATP – un explosif très instable utilisé dans plusieurs attentats – a également été saisie. Un système de mise à feu rudimentaire, potentiellement fonctionnel, a été retrouvé dans les effets des suspects.
Une enquête en cours sur l’état d’avancement du projet
Les enquêteurs cherchent désormais à déterminer si une date d’attaque avait été fixée. Si aucune échéance précise n’a été trouvée, le groupe semblait déterminé. Morad M. avait rédigé une lettre d’allégeance à Daech dans laquelle il évoquait de manière confuse plusieurs projets d’attentats.
À l’issue de leur garde à vue dans les locaux de l’antiterrorisme à Levallois-Perret, deux suspects ont été mis en examen et placés en détention provisoire. Le troisième, poursuivi uniquement pour non-dénonciation de crime, a été placé sous contrôle judiciaire. Les avocats des mis en cause n’ont pas souhaité commenter en détail, rappelant la présomption d’innocence de leurs clients.
Un contexte de menace persistante
Ce démantèlement intervient dans un contexte marqué par plusieurs tentatives similaires ces derniers mois. Le 13 mars dernier, un adolescent de 17 ans avait lui aussi été arrêté, soupçonné de préparer une attaque durant le Ramadan contre un site religieux ou une représentation diplomatique. Là encore, le TATP figurait au cœur du projet.
Une note interne de la DGSI souligne la facilité d’accès aux recettes de fabrication de cet explosif sur Internet, pointant une tendance persistante au sein de la mouvance djihadiste à privilégier les attaques artisanales mais meurtrières. Même affaibli, le groupe État islamique continue de diffuser une propagande appelant ses partisans à frapper dans leur pays d’origine, en exploitant des moyens simples et accessibles.
