📰 L'actualité des forces de l'ordre
Actu Forces de l'OrdreACTU Forces de l'Ordre
Police

Manche : Le témoignage de l’une des policières victime de l’attaque au sabre du « ninja warrior » à Cherbourg-en-Cotentin

·La rédaction ⏱ 3 min
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenir

La première session 2025 de la cour d’Assises de Coutances s’ouvre ce lundi 10 mars avec un procès très attendu : celui de l’homme accusé d’avoir attaqué trois policiers à coups de sabre en décembre 2021 à Tourlaville, commune déléguée de Cherbourg-en-Cotentin (Manche). Les faits, marqués par une violence inouïe, avaient alors suscité une vive émotion au sein des forces de l’ordre et de la population.

Une des policières blessées lors de cette attaque a accepté de témoigner sous couvert de l’anonymat. Elle revient chez Actu.fr, sur ce jour qui a bouleversé sa vie et sur son long chemin de reconstruction.

« Nous avions un pied dans la tombe »

Le souvenir de l’attaque reste gravé dans sa mémoire : « Je revis à chaque fois la même scène. Nous étions pris au piège dans notre véhicule de patrouille. L’assaillant, en tenue de ninja, a frappé la vitre avant avec un sabre. En quelques secondes, il a réussi à ouvrir ma porte côté passager. Je n’avais aucune issue. » La policière se souvient alors d’une blessure fulgurante au menton : « J’ai ressenti l’onde de choc, comme si je recevais un pavé en plein visage. »

Alors que sa collègue parvient à sortir du véhicule, elle entend les coups de feu tirés par un autre policier qui tente de neutraliser l’agresseur. « Mon cerveau s’est mis en veille. J’étais en mode survie. » Finalement, l’assaillant est maîtrisé par les forces de l’ordre, et les trois policiers blessés sont pris en charge par les secours.

Une carrière bouleversée

Près de trois ans après l’agression, cette intervention continue d’avoir des conséquences sur la vie professionnelle et personnelle des victimes. « Nous avons vu la mort de si près. Cette agression a profondément changé ma fin de carrière. J’ai intégré un autre service, en bureau, après plus de trente ans sur le terrain. »

Sur le plan psychologique, les blessures restent présentes : « Ma cicatrice est discrète, mais je la vois tous les matins dans le miroir. Ce traumatisme est toujours là. » Les trois collègues, marqués par cette nuit de cauchemar, ont dû trouver des stratégies pour avancer. « Nous avons tissé un lien indéfectible. Nous avons été suivis par un psychologue, et j’ai aussi échangé avec d’autres policiers blessés en service. »

Un procès attendu pour tourner la page

L’ouverture du procès aux Assises est une étape cruciale pour la policière. « Il y a le stress de revivre les faits. Je ne sais pas comment je vais réagir en le voyant. Mais je sais que j’ai besoin d’être à l’audience pour tourner la page. » Elle insiste sur la nécessité de reconnaître les policiers blessés comme de véritables victimes : « Nous ne sommes pas payés pour nous faire tuer. Nous sommes là pour faire respecter la loi et protéger la population. »

L’affaire, symbolique d’une montée de la violence envers les forces de l’ordre, sera suivie de près par la profession. Le verdict de la cour d’Assises de Coutances sera attendu avec attention par les policiers, leurs familles et l’ensemble de la société.

La rédaction

Actu Forces de l'Ordre suit et vérifie l'actualité de la police, de la gendarmerie, de la justice et des faits divers en France, à partir de sources officielles et de médias reconnus.

← Plus d'actualités Police