Procès de l’attentat de la basilique de Nice : Le terroriste condamné à la perpétuité réelle pour son «insoutenable cruauté»
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirLe verdict est tombé. Mercredi en fin de journée, la cour d’assises spéciale de Paris a condamné Brahim Aouissaoui, un Tunisien de 25 ans, à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une période de sûreté incompressible. Une peine maximale conforme aux réquisitions du ministère public pour les assassinats perpétrés le 29 octobre 2020 à l’intérieur de la basilique de Nice. Ce jour-là, armé d’un couteau, il avait tué sauvagement trois personnes : le sacristain Vincent Loquès, ainsi que les fidèles Nadine Devillers et Simone Barreto Silva.
Un accusé sans regrets
Tout au long de l’audience, Brahim Aouissaoui a adopté une posture provocatrice, affichant une agitation constante. Comme le relate Le Figaro, loin d’exprimer le moindre remords, il a justifié son acte en invoquant la loi du Talion et en dénonçant ce qu’il considère comme des exactions occidentales contre les populations musulmanes. « Tous les jours, vous tuez des musulmans et cela vous est égal (…) Se venger est un droit et une vérité », avait-il déclaré lors de son interrogatoire.
Le ministère public a insisté sur l’absence totale de repentir de l’accusé et sur son fanatisme intact, près de quatre ans et demi après les faits. « Son idéologie radicale est toujours présente. Il s’est enfermé dans une matrice mortifère, aveuglé par l’obscurantisme et par la haine de la France », ont martelé les avocates générales.
Une défense impuissante face à l’horreur
Les avocats de l’assaillant, Me Martin Méchin et Me Marie-Alexandrine Bardinet, n’ont pu que prendre acte de la gravité des faits. « La culpabilité est établie, les faits sont reconnus, presque revendiqués, et ce sont les crimes les plus graves que l’on puisse imaginer », a admis Me Méchin. Toutefois, il a pointé la nature extrême de la sanction, assimilant la perpétuité réelle à « une peine de mort euphémisée ».
Me Bardinet a, quant à elle, contesté l’idée d’une préméditation à l’étranger. Selon elle, « aucun élément ne prouve que son client ait voyagé en France avec l’intention initiale de commettre un attentat ». Elle a mis en avant un passage à l’acte impulsif, né d’un sentiment d’isolement et d’un enracinement progressif dans une idéologie meurtrière.
Une haine nourrie par l’idéologie radicale
Le ministère public a rappelé que Brahim Aouissaoui s’était introduit clandestinement en France dans un contexte particulièrement tendu : la republication des caricatures de Mahomet par Charlie Hebdo et l’assassinat de Samuel Paty, quelques jours plus tôt. « Sa détestation de la France s’est nourrie de discours radicaux, alimentée par la propagande de prédicateurs extrémistes. Cette haine a été le moteur de son action », ont expliqué les représentantes du parquet.
L’attitude de l’accusé en audience, tout comme la barbarie de ses actes, ont conduit la cour à prononcer une condamnation exemplaire. Avec cette peine, la justice française a voulu envoyer un signal fort face au terrorisme islamiste. Quant aux familles des victimes, elles espèrent que ce verdict leur apportera un semblant d’apaisement dans leur douleur incommensurable.