Montpellier : Une élève de 14 ans frappe sa principale après la confiscation de ses cigarettes
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirUne élève de 14 ans du collège Marcel-Pagnol à Montpellier (Hérault) sera jugée le 5 mars prochain pour avoir agressé la principale de son établissement.
L’incident, survenu le 31 janvier, a créé une onde de choc au sein de la communauté scolaire, ravivant les débats sur la sécurité et les moyens accordés aux établissements.
Une altercation violente dans l’établissement
Selon le parquet de Montpellier, les faits ont eu lieu lorsque la cheffe d’établissement a confisqué le sac à main de la collégienne contenant des cigarettes. Quelques instants plus tard, l’élève s’est rendue au bureau de la principale pour exiger la restitution de son sac.
Face au refus de cette dernière, l’adolescente aurait menacé la principale, tenté de récupérer l’objet de force, avant de lui porter un coup de poing au visage et de lui tirer le bras, puis de quitter l’établissement.
Une garde à vue suivie d’une mise en examen
Le soir même, l’adolescente s’est présentée au commissariat en compagnie de sa mère et a été placée en garde à vue. La principale a reçu une incapacité temporaire de travail (ITT) de cinq jours. Présentée au parquet le 1er février, la collégienne a été déférée en vue de la saisine d’un juge des enfants. Toutefois, malgré les réquisitions du parquet, aucun contrôle judiciaire avec interdiction de retour dans l’établissement n’a été prononcé.
Réactions politiques et tensions au sein du collège
La ministre de l’Éducation nationale, Élisabeth Borne, a réagi sur le réseau social X, condamnant « très fermement » l’agression et exprimant son « plein soutien » à la principale. Elle a précisé que « l’élève a été exclue temporairement dans l’attente de la tenue d’un conseil de discipline » et assuré que « rien ne sera laissé passer ».
Trois jours après les faits, la colère reste vive parmi les enseignants et le personnel du collège Marcel-Pagnol. Une assemblée générale a eu lieu en présence du directeur académique des services de l’Éducation nationale (DASEN) pour envisager une mobilisation. Certains enseignants ont exercé leur droit de retrait le lundi 3 février, réclamant des engagements concrets du rectorat.
Des parents dénoncent un climat dégradé
Devant l’établissement, des parents d’élèves ont manifesté pour exiger plus de moyens et dénoncer la montée des violences scolaires comme le relate France 3. « Ce n’est pas un simple incident, c’est une accumulation de problèmes qui finissent par exploser », a déclaré Élise Serva, déléguée des parents d’élèves.
De son côté, Candice Guillet-Delisle, professeure de lettres, a déploré le manque de ressources humaines, notamment en ce qui concerne la présence des conseillers principaux d’éducation (CPE). « Cela fait deux ans que nous alertons les autorités sur la situation critique de notre collège. Cette agression était malheureusement prévisible », a-t-elle affirmé.
Un établissement en manque de moyens
Classé en réseau d’éducation prioritaire (REP), le collège Marcel-Pagnol souffre depuis plusieurs années d’un manque de personnel et d’infrastructures dégradées. Les enseignants demandent son reclassement en REP+, ce qui permettrait l’obtention de moyens supplémentaires. En attendant une réponse des autorités académiques, les cours restent perturbés et la mobilisation pourrait se durcir si aucune mesure concrète n’est prise.