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Le Directeur de la Gendarmerie alerte sur la montée des violences et les risques de conflit armé en France

·La rédaction ⏱ 2 min
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Jeudi 30 janvier, le général Hubert Bonneau, directeur général de la Gendarmerie nationale, était l’invité d’Apolline de Malherbe dans l’émission « Face-à-Face » sur BFMTV et RMC.

Revenant sur un courrier adressé aux grands commandeurs de la gendarmerie, il a confirmé la nécessité pour ses forces d’être prêtes à toute éventualité, y compris un conflit armé sur le sol français.

Une prise de conscience face à un contexte international troublé

Dans son courrier, révélé par Le Monde et Intelligence Online, le général Bonneau affirme que « depuis l’invasion russe en Ukraine, la possibilité d’un conflit armé en France est sérieusement envisagée ». Cette déclaration, bien que forte, n’est pas nouvelle. Le haut gradé avait déjà évoqué cette préoccupation lors d’une réunion de commandement en novembre dernier.

« Je suis militaire et il me paraît important de donner des lignes d’opérations à mes grands subordonnés pour être prêts face aux diverses éventualités », a expliqué le général sur BFMTV et RMC. Selon lui, la gendarmerie, en tant qu’armée, doit anticiper toutes les formes de menaces, y compris celles pouvant toucher directement le territoire national.

Une violence sociétale en constante progression

Au-delà du contexte géopolitique, Hubert Bonneau met en garde contre une « montée des violences » en France, qui impacte directement le quotidien des gendarmes. « Nous sommes dans une société violente », affirme-t-il, rappelant que les forces de l’ordre doivent aussi assurer des missions de police du quotidien.

Un chiffre marquant illustre cette réalité : « Le tiers de toutes les gardes à vue prises par les gendarmes aujourd’hui concerne les violences intrafamiliales », déclare le général Bonneau. En 2023, les services de sécurité ont recensé 82.800 victimes de violences intrafamiliales non-conjugales, en hausse de 14 % par rapport à l’année précédente. Les violences conjugales, quant à elles, ont concerné 271.000 victimes, soit une augmentation de 10 %.

La radicalisation et la « libération de la violence »

Parallèlement, le patron de la gendarmerie s’inquiète de la « montée des radicalités de tout bord » et des affrontements entre mouvances extrêmes, notamment sur des sujets comme l’implantation de centres d’accueil pour demandeurs d’asile. « Des oppositions fortes entre ultradroite et ultragauche se multiplient, ce qui était inédit auparavant », constate-t-il.

Enfin, il dénonce une « libération de la violence » dans la société, en témoigne le meurtre récent d’Elias, 14 ans, poignardé pour son téléphone portable. « Aujourd’hui, le premier réflexe en cas de conflit entre personnes n’est plus de régler cela entre soi, mais d’appeler directement les gendarmes ou les policiers », déplore Hubert Bonneau.

Face à ces enjeux, la gendarmerie se prépare à intervenir sur tous les fronts, avec un double objectif : prévenir les violences et assurer la sécurité des Français, quelles que soient les menaces à venir.

La rédaction

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