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Un policier jugé pour avoir éborgné Jérôme Rodrigues lors d’une manifestation des « gilets jaunes »

·La rédaction ⏱ 3 min
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Un policier sera jugé par la cour criminelle départementale de Paris pour violence volontaire ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente.

Cette décision fait suite à l’enquête sur la blessure grave infligée à Jérôme Rodrigues, figure du mouvement des « gilets jaunes », lors d’une manifestation à Paris en janvier 2019. L’usage d’une grenade de désencerclement est au cœur de cette affaire.

Une blessure irréversible dans un contexte tendu

Le 26 janvier 2019, Jérôme Rodrigues, 45 ans, a été blessé à l’œil droit lors d’une manifestation place de la Bastille, où il a définitivement perdu l’usage de cet œil. Les magistrats, après avoir analysé les témoignages et les vidéos, ont conclu que le groupe auquel appartenait Jérôme Rodrigues ne présentait pas de menace violente justifiant l’usage de la grenade.

L’avocat du policier avait argumenté que celui-ci avait agi « en état de légitime défense » dans un « contexte insurrectionnel », avec des manifestants qui menaçaient l’intégrité physique des forces de l’ordre. Toutefois, les juges ont estimé que cet usage de la grenade n’était pas conforme aux protocoles en vigueur.

Une arme soumise à des règles strictes

Les magistrats ont souligné que l’usage de la grenade de désencerclement, dont la dangerosité est reconnue, devait être limité à des situations spécifiques, comme un encerclement ou une prise à partie par un groupe hostile. Or, dans ce cas précis, ces conditions n’étaient pas réunies, ce qui invalide la justification de l’acte selon l’ordonnance.

Un procès à forte portée symbolique

Ce procès sera l’un des premiers concernant des blessures graves survenues lors des manifestations des « gilets jaunes », un mouvement qui a marqué l’automne 2018 et l’hiver 2019. Ces événements, caractérisés par des manifestations parfois tendues, avaient conduit à plusieurs cas de blessés graves.

Un autre procès similaire impliquant un policier aura lieu prochainement, concernant une blessure infligée à Manuel Coisne avec une grenade lacrymogène en novembre 2019. Ces affaires mettent en lumière l’importance de l’encadrement strict des pratiques des forces de l’ordre.

Quinze ans de réclusion encourus

Le policier encourt jusqu’à quinze ans de réclusion criminelle pour ces faits. Le procès à venir sera suivi de près, reflétant les enjeux autour de l’usage d’armes en contexte de manifestation et les responsabilités des intervenants dans des situations où les tensions sont élevées.

La rédaction

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