Un point de deal à l’origine d’une attaque contre un couple de policiers
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirDans la nuit du 7 au 8 janvier, une attaque ciblant le domicile d’un couple de policiers à Nanteuil-le-Haudouin (Oise) a semé la terreur. Jean-Eudes S., 32 ans, a été reconnu coupable d’avoir tiré 14 mortiers d’artifice sur leur pavillon familial, causant des dégâts matériels mais aucun blessé.
Jugé en comparution immédiate, il a été condamné à 20 mois de prison, dont 8 mois avec sursis probatoire, et placé en détention comme le relate Le Parisien.
Une attaque orchestrée par un réseau de dealers ?
Selon les premiers éléments de l’enquête, cette agression n’était pas le fruit du hasard. La victime, fonctionnaire de police, avait déjà pris à partie un groupe de jeunes dealers près de son domicile. « Nous avons emmenagé il y a neuf mois, et j’ai vite compris qu’un point de deal était installé à proximité, explique-t-il. J’ai demandé à ces jeunes de s’éloigner, et c’est là que les problèmes ont commencé. »
L’identité professionnelle du policier aurait été révélée par les visites de ses collègues. Les menaces se sont alors multipliées, culminant dans cette attaque, où l’un des agresseurs aurait crié : « Tiens, fils de p…, ça t’apprendra ! ».
Un prévenu influençable et vulnérable
Arrêté grâce aux caméras de surveillance de la commune, Jean-Eudes S. a reconnu les faits. Placé sous curatelle renforcée en raison de troubles psychiatriques, il affirme avoir agi sous la pression de trafiquants. « Ils m’ont dit que je serais un bouffon si je ne le faisais pas, explique-t-il au tribunal. Je ne savais pas que c’étaient des policiers, je respecte les forces de l’ordre. »
L’homme, qui consomme des stupéfiants et tient des propos parfois confus, a également déclaré que le véritable commanditaire de l’attaque serait une autre personne, et non le mineur de 15 ans interpellé dans le cadre de l’enquête.
Un procès sous haute tension
« Le domicile, c’est la sphère privée, plaide Me Nicolas Forlot, avocat des victimes. Ceux qui ont poussé le prévenu à agir savaient parfaitement qu’ils s’attaquaient à des policiers. » Le substitut du procureur a souligné la gravité des faits, rappelant que « les conséquences auraient pu être bien pires ». Il avait requis 5 ans de prison, dont 3 ans ferme.
La défense de Jean-Eudes S., assurée par Me Ludivine Padé, a mis en avant sa fragilité psychologique et son caractère influençable. Le tribunal a finalement opté pour une peine de 20 mois d’emprisonnement, assortie de 8 mois avec sursis probatoire. Jean-Eudes S. a été immédiatement incarcéré.
Un climat de peur persistant
Malgré cette condamnation, l’affaire laisse un sentiment d’insécurité. « Les autres voisins ont peur et se taisent, raconte la victime. Je suis intervenu en tant que citoyen, pas comme policier. »
Les enquêteurs poursuivent leurs investigations pour identifier les instigateurs de cette attaque, dans l’espoir d’éradiquer le point de deal à l’origine de ce drame.