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Assassinat de Samuel Paty : Jugés pour leur complicité et la campagne de haine contre le professeur, les huit accusés condamnés

·La rédaction ⏱ 3 min
Assassinat de Samuel Paty : Jugés pour leur complicité et la campagne de haine contre le professeur, les huit accusés condamnés Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenir

En l’absence de l’assassin de Samuel Paty, tué par les forces de l’ordre le jour de son acte terroriste, la cour d’assises spéciale de Paris a rendu son verdict ce vendredi, condamnant huit accusés à des peines variables, dans une tentative de rendre justice face à l’horreur du 16 octobre 2020.

La question centrale demeure : comment rendre justice quand l’auteur principal, Abdoullakh Anzorov, n’est plus là pour répondre de ses actes ? Comme le relate La Voix-du-Nord, la douleur et l’incompréhension persistent pour la famille de Samuel Paty, ses collègues, ainsi que l’ensemble de la communauté éducative et la société française. Face à eux, huit accusés, complices à différents niveaux, étaient alignés derrière les vitres du tribunal.

Des condamnations requalifiées

Sous la présidence de Franck Zientara, la cour a requalifié en complicité les faits reprochés à Azim Epsirkhanov et Naïm Boudaoud, deux amis proches d’Anzorov, les condamnant à 16 ans de prison. Les peines de Brahim Chnina (13 ans) et Abdelhakim Sefrioui (15 ans) ont été alourdies par rapport aux réquisitions du Parquet national antiterroriste (PNAT), reflétant leur implication dans la campagne de haine qui a précédé l’attentat.

« J’ai compris que vous avez fait de la politique, pas la justice », a déclaré Abdelhakim Sefrioui, annonçant son intention de faire appel.

La douleur des parties civiles

L’avocate de la famille Paty, Virginie Le Roy, avait exprimé l’attente de « peines à la hauteur de l’atrocité des faits ». Les parties civiles, marquées par l’horreur de l’attentat, avaient critiqué des réquisitions jugées trop modérées.

Un rôle déterminant mais indirect

La cour s’est interrogée sur la conscience qu’avaient Boudaoud et Epsirkhanov des intentions d’Anzorov lorsqu’ils l’ont accompagné à Rouen pour acheter des armes. Leur ignorance de la radicalisation de leur ami semblait peu crédible.

Quant à Brahim Chnina, il n’était pas simplement l’instrument des mensonges de sa fille, mais un véritable acteur de la campagne de haine qui a exposé Samuel Paty. Sa vidéo, visionnée par Anzorov, a joué un rôle crucial dans le passage à l’acte.

La responsabilité numérique et sociétale

Abdelhakim Sefrioui, aveuglé par sa croisade contre les caricatures de Mahomet, a vu son activisme condamné par une lourde peine. Bien qu’aucun appel explicite au meurtre n’ait été formulé, la cour a estimé que son action avait poussé Anzorov à agir.

Toutefois, le procès a également mis en lumière les limites à cerner la responsabilité des réseaux sociaux dans cette tragédie. Si des peines ont été prononcées à l’encontre de Yusuf Cinar (3 ans dont 2 avec sursis), Priscilla Mangel (3 ans avec sursis), Louqmane Ingar (3 ans dont 2 avec sursis) et Ismael Gamaev (5 ans dont 30 mois avec sursis), aucun d’entre eux ne retournera en prison.

Ce verdict reflète les difficultés de juger un acte terroriste en l’absence de son auteur principal, tout en tentant de reconnaître la gravité des complicités qui ont précédé cet acte odieux.

La rédaction

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