10 ans après les attentats en France, le PNAT alerte sur une menace terroriste « très élevée »
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirDix ans après les attentats tragiques qui ont marqué la France en 2015, le Parquet national antiterroriste (PNAT) alerte sur une menace terroriste toujours « très élevée ».
Les tensions internationales actuelles, notamment la guerre au Proche-Orient et la chute du régime de Bachar al-Assad, accentuent ces risques. Le PNAT redoute une recomposition de l’État islamique (EI) et la remobilisation de combattants français encore présents sur place.
Depuis l’attaque du Hamas en Israël le 7 octobre 2023, les autorités constatent une hausse de l’activité djihadiste. En 2024, 59 procédures antiterroristes ont été ouvertes, soit une augmentation de 55 % par rapport à 2021. Les dossiers liés au djihadisme représentent près de 87 % des affaires traitées par le parquet.
La situation en Syrie sous surveillance
La fin du régime de Bachar al-Assad en décembre 2024 et la prise de pouvoir par le groupe islamiste Hayat Tahrir al-Sham (HTC) suscitent une inquiétude particulière. Le PNAT craint une réorganisation de l’EI et une possible réactivation des combattants français retenus dans les camps kurdes du nord-est syrien comme le relate Le Parisien.
« Si en 2015, l’EI opérait principalement via des commandos venus de la zone irako-syrienne, aujourd’hui, il inspire des actions violentes sur le territoire français », indique la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Cette mutation de la menace inquiète, alors que les capacitations technologiques et stratégiques de l’organisation restent importantes.
Des profils djihadistes plus jeunes
Le profil des djihadistes a évolué. En 2023, 15 mineurs ont été mis en examen pour des affaires liées au terrorisme, contre 18 en 2024. Ces jeunes, issus de milieux variés, se radicalisent principalement en ligne. Leur maîtrise des outils numériques et leur capacité à naviguer sur des plateformes cryptées amplifient les risques de passage à l’acte. Le PNAT cite, à titre d’exemple, le projet d’attaque contre une salle de concert à Bruxelles, déjoué en mars, impliquant plusieurs jeunes français.
Des menaces d’autres mouvances extrémistes
Outre le djihadisme, le PNAT suit de près les mouvances d’ultradroite et d’ultragauche. L’idéologie d’ultradroite a donné lieu à 15 dossiers en une décennie. Parmi eux, le « projet Azur » en 2020 et l’enlèvement de la petite Mia en 2021. Aucun dossier nouveau n’a été ouvert en 2024, mais le parquet reste vigilant face à une possible radicalisation inspirée par des exemples étrangers.
En revanche, l’ultragauche n’est pour l’instant pas associée à des actes terroristes. Cependant, les sabotages récents de réseaux ferroviaires lors des JO soulèvent des inquiétudes sur une potentielle escalade violente.
Une lutte continue contre la menace
Face à une menace polymorphe et évolutive, les autorités antiterroristes renforcent leur vigilance. Dans un contexte de tensions internationales exacerbées, la priorité reste la prévention et la protection des citoyens contre toutes les formes de radicalisation.
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