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Attentat déjoué à Poitiers : Ce que l’on sait des suspects et de leurs projets

·La rédaction ⏱ 3 min
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Trois jeunes radicalisés, interpellés et mis en examen pour association de malfaiteurs terroriste criminelle, avaient ciblé la mairie de Poitiers dans un projet d’attentat. Retour sur une affaire marquée par la radicalisation, la préparation d’explosifs artisanaux, et une vengeance historique.


Trois étudiants sous influence djihadiste

Âgés de 19 et 20 ans, les trois suspects, étudiants en chimie, psychologie et informatique, ont été arrêtés à Nîmes et Nantes dans le cadre d’une enquête ouverte le 20 novembre. Repérés par les services de renseignement pour leurs échanges sur des messageries cryptées, ils ont été placés en garde à vue à la DGSI avant leur mise en examen à Paris, samedi 7 décembre. Les jeunes hommes sont soupçonnés d’avoir projeté une attaque avec des bombes artisanales.

Particularité notable : l’un des suspects est le fils d’un imam aumônier exerçant dans le milieu pénitentiaire comme le relate Ouest-France.

La mairie de Poitiers : une cible symbolique

Les premières investigations ont révélé que Poitiers n’avait pas été choisi au hasard. Les suspects cherchaient à « venger les troupes arabo-berbères » vaincues en 732 par Charles Martel. Ce choix illustre une radicalisation nourrie de thèses djihadistes visant des lieux à forte portée symbolique.

En plus de la mairie de Poitiers, d’autres cibles auraient été envisagées, notamment le siège des renseignements intérieurs. Cependant, selon une source proche du dossier, aucune cible précise n’avait encore été validée au moment des interpellations.

Un projet à un stade avancé

Lors des perquisitions, les enquêteurs ont mis la main sur des éléments destinés à fabriquer des explosifs artisanaux de type TATP, une substance prisée des groupes terroristes tels que Daech. Les suspects attendaient encore la livraison d’un dernier composant pour finaliser leur engin explosif.

Deux d’entre eux ont été mis en examen pour « fabrication non autorisée d’engin explosif » ainsi que pour « détention et transport de substances explosives en lien avec une entreprise terroriste ». Le troisième est également poursuivi pour association de malfaiteurs terroriste criminelle.

Réactions locales et contexte national

La maire écologiste de Poitiers, Léonore Moncond’huy, a exprimé sa confiance envers les forces de l’ordre et la justice pour traiter ce type d’affaires. Selon une source proche de la mairie, aucune menace directe n’avait été adressée à la ville.

Cette affaire s’inscrit dans un contexte de vigilance accrue contre le terrorisme. En novembre 2023, l’ex-ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, avait déclaré que 43 attentats avaient été déjoués en France en cinq ans. Cette récente arrestation témoigne d’une menace persistante, bien que contenue grâce aux actions des services de renseignement.


L’enquête se poursuit pour évaluer le niveau d’organisation des suspects et leurs potentielles affiliations avec des groupes djihadistes tels que l’État islamique ou HTS. Cette intervention marque un succès supplémentaire dans la lutte contre le terrorisme en France.

La rédaction

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