Tréport : Un officier de gendarmerie met fin à ses jours
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenir
Après trois années passées à la tête de la brigade territoriale autonome (BTA) du Tréport, Mathieu T., lieutenant de gendarmerie âgé de 38 ans, s’est tragiquement donné la mort. La nouvelle, révélée ce week-end par l’association des anciens élèves de l’École des officiers de la Gendarmerie nationale (EOGN), « Le Trèfle », et l’association professionnelle militaire « Gendarmes et citoyens », a bouleversé ses collègues et sa famille. Le militaire laisse derrière lui une épouse et trois enfants.
Une carrière prometteuse au service de la Gendarmerie
Issu du rang, Mathieu T. avait débuté sa carrière dans la gendarmerie mobile, à l’escadron de Hyères (Var). Comme le relate L’Essor de la Gendarmerie, il avait ensuite rejoint la gendarmerie départementale, après l’obtention de son diplôme d’officier de police judiciaire. Affecté à la brigade de Saint-Claude (Jura), il gravit les échelons et réussit en 2019 le concours interne d’officier. Intégré à la prestigieuse 126e promotion de l’EOGN, il avait reçu son brevet d’officier en 2020, dans la promotion « Légion d’honneur ». En août 2021, il prenait le commandement de la BTA du Tréport, une unité exigeante à la compétence territoriale élargie, intervenant à cheval sur la Seine-Maritime et la Somme.
Une unité marquée par les drames
Ce suicide est le deuxième survenu au sein de la brigade depuis le début de l’année. En février, un autre gendarme, Julien D’Ascenzo, avait également mis fin à ses jours. La BTA du Tréport, qui s’étend sur une vaste circonscription entre littoral et arrière-pays, fait face à des missions particulièrement intenses, notamment liées à la crise migratoire. Ces responsabilités s’ajoutent à la charge émotionnelle et professionnelle que portent les militaires.
Une solidarité pour les proches
Pour soutenir la famille de l’officier, ses anciens camarades de promotion ont lancé une cagnotte solidaire via le site du Trèfle. Cette initiative vise à apporter une aide financière et morale aux proches endeuillés. Ce type de mobilisation est récurrent au sein de l’Institution, souvent porté par des associations ou la Fondation Maison de la Gendarmerie.
Une problématique persistante : les suicides dans l’Arme
D’après le média spécialisé L’Essor, Mathieu T. est le 16e gendarme à se suicider depuis le début de l’année 2024. Ce chiffre souligne une problématique récurrente au sein des forces de l’ordre. En novembre, un gendarme du peloton de surveillance et d’intervention de L’Isle-Adam (Val-d’Oise) s’était donné la mort à quelques mois de son départ en retraite.
Prévention et aides disponibles
Pour les gendarmes en détresse, l’Institution met à disposition des dispositifs de soutien, comme un réseau de 39 psychologues cliniciens, les services médicaux du SSA, et des assistants sociaux. Les militaires peuvent également solliciter les aumôniers ou les représentants de concertation. En dehors de l’Arme, des numéros d’urgence, comme le 3114 (prévention du suicide), ou des associations telles que SOS Amitié (09.72.39.40.50), offrent une écoute et un soutien anonymes.
Face à ces drames, il est essentiel de renforcer les dispositifs d’accompagnement pour prévenir ces tragédies et soutenir les familles endeuillées. La communauté gendarmique, endeuillée par la perte de l’un des siens, se mobilise aujourd’hui pour honorer la mémoire de cet officier dévoué.
← Plus d'actualités Gendarmerie