Fusillade mortelle visant le rappeur SCH : 21 membres présumés de la DZ Mafia interpellés, dont six détenus
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirDans le cadre de l’enquête sur la fusillade mortelle visant le rappeur marseillais SCH et les tentatives d’extorsion qu’il subit depuis des années, un vaste coup de filet a eu lieu ce lundi 2 décembre. La police judiciaire de Marseille et la section de recherches de la gendarmerie de Montpellier ont interpellé 21 suspects présumés, parmi lesquels six détenus extraits de diverses prisons. Cette opération, menée sur commission rogatoire d’une juge d’instruction, s’attaque à la redoutable organisation criminelle DZ Mafia.
Une affaire dramatique au cœur des paroles du rappeur
Les événements tragiques ayant déclenché cette enquête remontent au 26 août dernier, après un concert donné par SCH, de son vrai nom Julien Schwarzer, dans une discothèque de La Grande-Motte. À l’aube, le van transportant certains de ses proches a été pris pour cible par deux hommes armés de fusils d’assaut kalachnikov. L’attaque a coûté la vie à un membre de son entourage, blessant également le conducteur. Les enquêteurs ont rapidement établi que cette fusillade, survenue après des menaces répétées et des tentatives d’extorsion, visait en réalité à intimider l’artiste pour le pousser à céder à des exigences financières.
Comme le relate Le Parisien, les paroles de SCH dans son dernier titre, Stigmates, sorti en octobre, prennent une résonance particulière : « Ces pourritures me voient millionnaire depuis 2015, si ils savaient (…). C’est pas l’moment mais tuez-moi ou un jour, j’le ferai, si Dieu veut. Que j’mette la lumière sur ces enculés. »
Une organisation criminelle à la manœuvre
Selon les premières conclusions de l’enquête, l’attaque aurait été orchestrée par la DZ Mafia, un gang de narcotrafiquants marseillais qui diversifie ses activités criminelles, notamment dans l’extorsion et l’intimidation. Les commanditaires de l’opération auraient agi depuis des cellules de prison, signe de la capacité d’influence grandissante de cette organisation derrière les barreaux.
Les messages interceptés sur des messageries chiffrées ont révélé un harcèlement continu contre le rappeur de 31 ans et ses collaborateurs, exigeant des sommes allant de 300 000 à 2 millions d’euros. Ces maîtres chanteurs n’hésitent pas à recourir à des menaces de mort et à employer des tueurs à gages.
Les prisons, nouveau quartier général du crime
Parmi les suspects interpellés figurent six détenus extraits de différentes maisons d’arrêt. Les autorités soupçonnent que les leaders incarcérés de la DZ Mafia continuent de diriger leurs opérations criminelles depuis la prison. Ce phénomène s’était déjà illustré récemment avec la mise en examen du chef présumé du gang, Amine O., alias « Mamine », pour un double meurtre commandité depuis sa cellule à Marseille en novembre 2023.
Les gardes à vue, qui peuvent durer jusqu’à 96 heures, permettront de remonter la chaîne de commandement ayant conduit à la fusillade et d’établir les responsabilités des différents acteurs impliqués.
SCH sous haute protection
Malgré l’angoisse persistante liée à ces menaces, SCH entame une nouvelle tournée sous protection policière renforcée. Ce coup de filet offre une lueur d’espoir à l’artiste, qui avait dû annuler plusieurs concerts cet été pour des raisons de sécurité. La justice, quant à elle, devra démêler les sombres ramifications de cette affaire et s’attaquer à un réseau criminel qui semble avoir franchi un nouveau palier dans sa quête de domination.
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