Course-poursuite à Béziers : Un policier tire, l’IGPN saisie, le chauffard multirécidiviste condamné
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirUn incident spectaculaire survenu fin septembre à Béziers fait actuellement l’objet d’une enquête de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN). Tout a commencé par une course-poursuite où un policier a estimé nécessaire de tirer pour stopper le véhicule d’un chauffard.
Ce dernier, un homme de 24 ans, a tenté de forcer un barrage et s’est montré dangereux au volant, exposant les passagers de son véhicule et les policiers à des risques graves. Une vidéo, filmée par des témoins, met en cause l’usage de l’arme de service par l’un des fonctionnaires comme le relate France Bleu.
Un multirécidiviste au casier chargé
Le chauffard, prénommé Mathéo, est un multirécidiviste de 24 ans au casier lourd, avec 15 condamnations antérieures. Son passé inclut des peines pour violences aggravées, transport de stupéfiants, outrage et rébellion. Sous contrôle judiciaire après une récente sortie de prison, il aurait dû rester discret.
Cependant, il a été interpellé le 28 septembre dernier, après avoir roulé dangereusement dans les rues de Béziers, conduisant sans permis et en état d’ivresse. À bord du véhicule appartenant à son père, il a grillé plusieurs priorités, entraînant une course-poursuite qui s’est achevée dans le quartier de La Devèze. La Seat Leon s’est immobilisée après avoir forcé une barrière de sécurité et heurté un abribus et une maison, heureusement sans faire de victimes.
Une vidéo troublante et un tir controversé
Des témoins ont filmé la scène depuis un balcon. Dans la vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, le chauffard est vu accélérant brusquement, ignorant les sommations des policiers. En réponse à cette menace, l’un des fonctionnaires a dégainé son arme, tirant une balle qui s’est logée dans le coffre du véhicule. La vidéo a déclenché une enquête de l’IGPN, qui cherche à déterminer si le tir était justifié. L’avocat de la défense, Me François Bermond, plaide qu’aucun danger imminent ne justifiait l’usage d’une arme.
Délibéré du tribunal de Béziers : la conduite en cause
Lors de l’audience, le procureur Raphaël Balland a rappelé la nécessité de rester objectif : « Les policiers sont aujourd’hui victimes, mais ma volonté est de rechercher la vérité. Y a-t-il légitime défense ? » Il a requis une relaxe partielle pour les accusations pesant sur le chauffard tout en réclamant une peine de 30 mois de prison, compte tenu de la gravité des faits et de son passé judiciaire.
Mathéo a ainsi été condamné à 30 mois de prison ferme, auxquels s’ajoutent la révocation de 18 mois de sursis probatoire et une amende de 750 euros à verser à chacun des deux policiers, soit une peine totale de quatre ans d’incarcération.
Un policier décoré en attente de décision
Le policier ayant ouvert le feu, par ailleurs reconnu pour son engagement professionnel, attend la suite des décisions. Récemment décoré pour acte de courage, il avait notamment secouru un automobiliste d’un véhicule en feu.
L’enquête de l’IGPN se poursuit pour déterminer si la légitime défense peut être retenue, tandis que le préfet a exprimé son soutien verbal aux fonctionnaires. Aucun blessé n’étant à déplorer, l’avocat du policier reste pour l’instant discret, en attendant les conclusions de l’enquête qui devront trancher sur la légitimité de cette intervention en contexte de danger élevé.
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