Gironde : Un imam « hostile aux valeurs de la République » interpellé dans le cadre d’une procédure d’expulsion
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirLe président de la mosquée Al Farouk de Pessac, située en banlieue de Bordeaux, a été interpellé jeudi 8 août au matin, dans le cadre d’une procédure d’expulsion.
Cet imam, Abdourahmane Ridouane, de nationalité nigérienne, est accusé par les autorités françaises de propager des idées hostiles aux valeurs de la République, notamment par des publications sur les réseaux sociaux à caractère antisémite et haineux.
L’opération s’est déroulée à son domicile à 6h30, et s’est étendue à une perquisition de la mosquée Al Farouk, considérée par les autorités comme étant « d’obédience salafiste ». Son avocat, Me Sefen Guez Guez, a indiqué que le passeport nigérien du quinquagénaire n’a pas été retrouvé lors de cette intervention comme le rapporte TF1.
Cette interpellation survient quelques jours après une décision de justice en faveur de la régularisation de l’imam. En effet, le tribunal administratif de Bordeaux avait ordonné la semaine dernière le réexamen de sa demande de renouvellement de titre de séjour, et avait demandé que lui soit délivré un récépissé provisoire l’autorisant à travailler en France.
Cependant, un arrêté ministériel d’expulsion, signé le 5 août par le ministère de l’Intérieur, est venu contrecarrer cette décision. Le ministère reproche à Abdourahmane Ridouane d’avoir relayé des messages défendant l’organisation islamiste palestinienne Hamas, qualifiée de mouvement « d’autodéfense » et tentant de minimiser ses actions terroristes, quelques jours après l’attaque du 7 octobre contre Israël.
Cette affaire rappelle les tensions existantes autour de la mosquée de Pessac, qui avait déjà fait l’objet d’une fermeture administrative en 2022 en raison de publications jugées problématiques. Cette fermeture avait été annulée par le tribunal administratif de Bordeaux, puis confirmée par le Conseil d’État.
L’expulsion d’Abdourahmane Ridouane pourrait marquer une nouvelle étape dans la lutte des autorités françaises contre les discours jugés contraires aux valeurs de la République.
