Gironde : Il pense proposer un acte sexuel à une mineure de 12 ans. C’était un gendarme derrière l’écran
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirCe mercredi, un homme de 29 ans originaire du Médoc a comparu devant le tribunal correctionnel de Bordeaux pour proposition sexuelle à un mineur par voie électronique. Les faits remontent au 8 décembre 2023, lorsqu’il a proposé des actes sexuels à une personne qu’il croyait être une mineure de 12 ans, mais qui s’est avérée être un gendarme opérant sous pseudonyme.
Certes, il n’y avait pas d’enfant de 12 ans derrière l’écran, car c’était un gendarme qui enquêtait sous pseudonyme. Mais le 8 décembre 2023, le prévenu a bien proposé une masturbation à sa jeune interlocutrice. Il la pensait bien mineure. Quand ce père de famille lui a demandé en quelle classe elle était, elle lui a répondu qu’elle était en sixième. Aimait-elle « les hommes plus vieux » ? « Je ne sais pas, une fois j’ai eu un crush de cinquième. » relate le journal SudOuest.
Un Père de Famille Désemparé
Le prévenu, visiblement accablé et honteux, a tenté d’expliquer son comportement devant les juges. « Il y a eu un décès dans ma famille. Je ne l’ai pas accepté du tout. Une connaissance m’a parlé de ce site, ‘‘coco’’, pour penser à autre chose », a-t-il déclaré, soulignant qu’il agissait en cachette de sa femme, présente à l’audience pour le soutenir malgré l’incompréhension initiale. Il a décrit son action comme un « emballement » et a insisté sur le fait que c’était la première fois qu’il parlait à une mineure.
La Double Vie d’un « Docteur Jekyll et Mister Hyde »
Me Marie Courbu Pommies, avocate de l’association de protection de l’enfance La Mouette, a décrit le prévenu comme un individu menant une « vie de poker face », contrastant une apparence de famille parfaite avec des actions illégales en ligne. « Il se rend sur un site dédié à des conversations de nature sexuelle et discute au moins une fois – et c’est une infraction – avec une mineure », a-t-elle souligné. L’avocate a critiqué l’accusé pour ne pas avoir mis fin à la conversation malgré la naïveté des réponses qu’il recevait, affirmant que « la pédopornographie n’a jamais été un antidépresseur ou un antidouleur. »
Requalification et Sanctions
La vice-procureure Sophie L’Angevin a demandé une requalification des faits en « proposition sexuelle à un mineur par voie électronique », insistant sur le fait que le prévenu « a agi en connaissance de cause. » Elle a requis six mois de sursis probatoire avec obligation de soins et de travail, sauf avec des mineurs, et une inscription au fichier judiciaire des auteurs d’infractions sexuelles (Fijais).
Défense et Verdict
Me Quentin Debril, avocat de la défense, a rejeté l’ironie de sa consœur de la partie civile et a plaidé pour une compréhension plus nuancée du comportement de son client, qu’il a décrit comme souffrant d’un isolement psychologique. Il a également demandé que son client ne soit pas inscrit au Fijais, mettant en avant le soutien de l’épouse du prévenu et leur volonté de surmonter cette épreuve ensemble.
Cependant, le tribunal a suivi en tout point les réquisitions de la vice-procureure, condamnant le prévenu à six mois de sursis probatoire avec obligation de soins et de travail, et l’inscription au fichier judiciaire des auteurs d’infractions sexuelles.
Cette affaire met en lumière les dangers des interactions en ligne et la nécessité de vigilance accrue pour protéger les mineurs des prédateurs, même lorsqu’ils croient agir dans l’anonymat et la sécurité de leur foyer.
