Mort de Nahel : Une étudiante relaxée après avoir tweeté « Brûlez tous les keufs »
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirParis, début juillet 2024 – Une étudiante poursuivie pour avoir tweeté “Brûlez tous les keufs” après la mort de Nahel lors d’une intervention de police, a été relaxée par la justice parisienne. Le tribunal a estimé que ce message relevait davantage d’un “cri de révolte” que d’une incitation directe à la violence.
L’affaire remonte au 27 juin 2023, jour où Nahel a perdu la vie dans des circonstances controversées lors d’une intervention policière. Peu de temps après, l’étudiante, ayant un casier judiciaire vierge, a partagé une vidéo d’une interpellation sur le réseau social X (anciennement Twitter), accompagnée du message : “La manière dont il lui ébouriffe les cheveux et lui fout une tape au visage ça me rend folle ptn (putain, ndlr) le mépris et l’humiliation qui les font bander tout en utilisant des techniques meurtrières comme ça… brûlez tous les keufs”. Ce tweet a été partagé 13 fois et “liké” 41 fois avant d’être supprimé par la plateforme américaine.
Malgré sa suppression, un signalement anonyme a conduit à l’ouverture d’une enquête par le pôle national de lutte contre la haine en ligne (PNLH), et l’étudiante a été placée en garde à vue un mois plus tard comme le relate Actu17.
Lors du procès, le tribunal a reconnu que les termes utilisés étaient “tout à fait inappropriés”, mais a jugé qu’ils ne pouvaient pas être pris au sens littéral. Il s’agissait, selon le jugement, “davantage d’un cri de révolte et de l’expression symbolique, par une image forte, du rejet d’une police ayant recours à des actes violents”.
Le tribunal a souligné qu’”aucun lecteur moyennement avisé ne pouvait déduire” de ce tweet “une incitation directe” à attaquer les forces de l’ordre. Pour une condamnation, il aurait fallu prouver que l’autrice avait “la volonté” ou “la conscience de créer l’état d’esprit propre à susciter la commission” d’une agression, a précisé le tribunal.
L’avocat de l’étudiante, Me Kempf, a salué cette décision, affirmant que le tribunal avait ainsi protégé la liberté d’expression. “Une liberté doit permettre d’exprimer des critiques radicales sans faire l’objet d’une sanction pénale”, a-t-il déclaré à l’AFP.
← Plus d'actualités En direct