Livraisons en prison, surveillance de point de deal : Les forces de l’ordre face à l’utilisation des drones
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirL’essor du nombre de drones civils en France n’a pas échappé au milieu criminel, qui les utilise désormais pour des activités illégales. Des livraisons de colis en prison à la surveillance des points de deal, les criminels ont intégré ces petits aéronefs dans leur arsenal technologique.
Une récente opération menée par les gendarmes de la section de recherches de Limoges a permis de démanteler une PME clandestine baptisée Drone2france. Cette entreprise aurait assuré près d’une centaine de livraisons dans plusieurs prisons françaises, ainsi qu’à l’international, en Belgique.
Comme le relate Le Parisien, le principal responsable, un homme de 29 ans, opérait avec le soutien de sa compagne et utilisait des drones pour livrer smartphones et résine de cannabis aux détenus. Le modèle économique était clair, avec un tarif de 350 euros par colis et un minimum de quatre colis par livraison.
Une autre affaire similaire, impliquant un réseau appelé Air Colis, a également été récemment démantelée en Loire-Atlantique. Ces criminels utilisaient des drones équipés d’une pince, d’un filin et d’une chaussette pour livrer directement des marchandises aux détenus, moyennant un tarif de 400 euros pour 500 g de produits maximum.
Ces incidents mettent en lumière une tendance croissante en France, où les criminels intègrent de plus en plus les drones dans leurs activités. Depuis le début de l’année, les services pénitentiaires ont enregistré 600 survols de drones au-dessus des établissements, principalement pour des livraisons clandestines. Cependant, il est également possible que certains survols soient liés à des repérages en vue d’évasions potentielles.
Cette utilisation croissante des drones ne se limite pas aux abords des prisons. La police judiciaire a déjà alerté sur l’usage accru de ces petits aéronefs par les groupes criminels organisés, qui cherchent à étoffer leur arsenal technologique. Les trafiquants de stupéfiants, en particulier, investissent dans des “narcodrones” capables de transporter des substances illicites sur de longues distances.
En plus des livraisons en prison, les criminels utilisent également les drones pour surveiller leurs points de deal. Pour quelques centaines d’euros, ils peuvent acquérir des engins en vente libre et les utiliser pour surveiller leur territoire, prévenir l’intervention de la police ou même espionner les activités de points de deal voisins.
Cette utilisation croissante des drones par les criminels représente un défi supplémentaire pour les autorités, qui doivent constamment adapter leurs méthodes pour contrer ces nouvelles tactiques. La Direction centrale de la police judiciaire souligne dans une note que cette tendance, bien qu’avancée, pourrait être amenée à se développer davantage à l’avenir, notamment avec l’importation d’exemples d’autres régions du monde, comme les cartels sud-américains utilisant des drones chargés d’explosifs.