Lyon : Émeutes dans le Centre de Rétention Administrative. 6 policiers blessés
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirLyon – Dans la soirée du samedi 8 juin, les forces de l’ordre ont été contraintes d’utiliser des boucliers anti-émeutes, du gaz lacrymogène et des matraques pour rétablir l’ordre au Centre de Rétention Administrative (CRA) n°2, situé à Lyon Saint-Exupéry.
La soirée du 8 juin a été marquée par une forte tension au sein du deuxième centre de rétention administrative, où les détenus du bloc n°3, dans un état d’excitation important, ont décidé de se livrer à une mutinerie aux alentours de 17h30 en s’en prenant aux forces de l’ordre chargées de garder le centre.
Plusieurs épisodes de violences ont été déplorés, tant à l’intérieur du centre que dans la cour extérieure de l’établissement. En conséquence, six policiers ont été blessés, entraînant une incapacité totale de travail comprise entre cinq et sept jours pour les fonctionnaires de police. L’ordre dans le centre n’a été rétabli qu’aux alentours de 21h.
Deux détenus ont comparu en comparution immédiate devant le Tribunal judiciaire de Lyon le mardi 13 juin. Ils étaient accusés de violences volontaires en réunion à l’encontre de personnes dépositaires de l’autorité publique. Les deux individus avaient déjà été condamnés en France pour des faits de violence.
De nationalité marocaine et tunisienne respectivement, les deux sans-papiers complices ont nié les faits et ont inversé la situation en affirmant avoir été victimes de violences policières injustes. Le détenu marocain a clamé son innocence dans la salle d’audience en utilisant un interprète, déclarant : “je jure sur la vie de ma mère que je n’ai rien fait, wallah, wallah, je n’ai rien fait”.
Leur avocat, pour sa part, a dénoncé l’insalubrité du CRA et les conditions de rétention assimilables à une incarcération pour expliquer la révolte des détenus. Selon lui, le centre de rétention n’a rien à envier en termes d’insalubrité et de conditions de traitement aux établissements pénitentiaires. Il a notamment dénoncé une “situation indigne avec un médecin qui a démissionné en décembre car il ne pouvait plus exercer son rôle” et un “état de tension important” dans le centre. Parmi les causes de la révolte, il a évoqué le fait que les “personnes musulmanes ne reçoivent pas de repas halal”. L’établissement avait déjà fait la une de l’actualité lyonnaise en avril dernier, lorsque la Bâtonnière de Lyon, Marie-Josèphe Laurent, le sénateur EELV du Rhône, Thomas Dossus, et la députée de la 3e circonscription du Rhône, Marie-Charlotte Garin, en visite dans le centre, dénonçaient conjointement des conditions de rétention “pires que la prison”.
Malgré les réquisitions du procureur, qui plaidait pour une peine d’emprisonnement de 18 mois, dont 9 mois ferme, le tribunal s’est montré clément à l’égard de nos deux protagonistes. L’un d’entre eux a été condamné à une peine de 6 mois de prison, tandis que l’autre a été réintégré au CRA malgré sa condamnation.
Selon les informations du journal LyonMag, un autre détenu fait quant à lui l’objet d’une Convocation par Officier de Police Judiciaire (COPJ) au tribunal.
La Préfecture nous assure que les autorités policières sont en contact avec les agents blessés et qu’un accompagnement psychologique individuel et collectif est mis en place pour venir en aide aux policiers du CRA n°2 victimes de violences.