Pompier professionnel dans le Jura, il ne pouvait plus travailler car il n’était pas vacciné contre la Covid-19. Il témoigne…
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirLe pompier professionnel du Jura suspendu à deux reprises en raison de son refus de se faire vacciner contre la Covid-19, Benjamin Olin, a été réintégré le 15 mai 2023.
Dans une récente interview, il partage son ressenti et exprime sa détermination à obtenir réparation. En août 2022, le journal actu.fr avait rencontré Benjamin Olin, seul pompier professionnel du Jura suspendu pour son non-vaccination contre la Covid-19, une situation qui concernait également de nombreux pompiers volontaires et personnels hospitaliers.
Il avait exprimé sa frustration de ne pas pouvoir exercer sa passion pour son métier, qui l’anime depuis plus de dix-sept ans, tandis que les pompiers avaient du mal à recruter, notamment en raison d’incendies historiques.
Réintégré mi-mai
Depuis lors, la situation des personnes non vaccinées a évolué. Fin mars, la Haute Autorité de santé a émis un avis favorable pour la levée de l’obligation vaccinale contre la Covid-19, avec réintégration prévue mi-mai.
Peu avant cette échéance, Benjamin Olin a été informé qu’il devait passer une visite médicale le 15 mai, avant de rencontrer le service des ressources humaines du Service départemental d’incendie et de secours (Sdis).
“Il y a eu une excellente réception de mon retour”
Il a donc été réintégré à la caserne de Saint-Claude, reprenant les mêmes fonctions qu’auparavant, entre les gardes opérationnelles et ses missions de chef de garde pour l’organisation des séances de sport, les manœuvres et le service de formation dans le sud du département du Jura.
Avant d’être opérationnel, il doit suivre une formation de maintien des acquis cette semaine, une formation habituelle pour tous les pompiers chaque année. “Il y a eu une excellente réception de mon retour de la part de mes collègues, et j’ai reçu plusieurs SMS d’encouragement pour mon retour”, confie-t-il, toujours animé par sa vocation.
“La situation était devenue insoutenable”
“La flamme n’est pas éteinte, et pour la suite, j’aimerais mettre à profit mes années d’expérience pour faciliter la transmission, notamment auprès des pompiers volontaires”. Malgré son désir de retrouver ses missions, il ressent toujours un profond sentiment d’injustice. “Il était temps que je reprenne, car la situation était devenue insoutenable. Je ne pouvais pas travailler et cela a eu des conséquences importantes”. Pendant ma suspension de quinze mois, j’ai perdu des avancements d’échelon et de grade dans la fonction publique, une rémunération minimale de 31 000 €, mes cotisations pour la retraite ont été prolongées. Je n’ai eu droit à aucune allocation chômage, RSA ou prestations sociales. Je n’ai plus aucune économie. Si je n’avais pas été réintégré, j’aurais été contraint de changer de métier”, explique Benjamin Olin, pompier professionnel du Jura.
Sur le plan moral, il a également dû faire face à des difficultés. Pour occuper son esprit et ses mains, Benjamin Olin a consacré huit mois à la rénovation d’un appartement qu’il possède depuis plus de dix ans.
Une réintégration tardive
Avec du recul, Benjamin Olin exprime sa déception. “Ma réintégration a été tardive, puisque mes collègues vaccinés ne sont plus à jour de leurs rappels depuis longtemps. Je me pose des questions sur les organismes et les scientifiques français qui ont tardé à valider la réintégration des soignants par rapport aux autres pays. Comment la science française peut-elle être si différente ? L’obligation vaccinale contre la Covid-19 n’a pas atteint ses objectifs, car on nous avait dit que nous devions nous faire vacciner pour protéger les autres, alors que Pfizer a admis que le vaccin n’avait pas été testé pour sa capacité à prévenir la transmission. On a donc menti au peuple et on m’a privé de mon droit d’exercer mon métier et de mon salaire”. Bien qu’il considère cette réintégration comme une victoire, Benjamin Olin ne compte pas s’arrêter là.
“Je vais continuer à me battre avec mon avocat, Maître Stuklé de Besançon, pour demander réparation du préjudice subi. Nous ne devons plus permettre qu’une telle discrimination puisse se reproduire”, affirme Benjamin Olin.
“Pour le moment, ma réintégration est due à un décret. La loi sur l’obligation vaccinale contre la Covid-19 du 5 août 2021 a été abrogée favorablement à l’Assemblée nationale le 4 mai 2023. Mais il est impératif que le Sénat abroge également cette loi (date inconnue pour le moment)”.
“S’il n’en est pas ainsi et que ce décret est maintenu, je serai toujours exposé au risque d’être suspendu à nouveau ou d’être contraint de me faire vacciner obligatoirement, tout comme le personnel soignant d’ailleurs”, ajoute le professionnel qui suit de près les données publiques concernant les effets secondaires qui s’accumulent, ainsi que les poursuites judiciaires.
“Nous étions des citoyens de seconde classe, sans aucune aide et privés de tout”
Avec le recul, Benjamin Olin ne dissimule pas son amertume. “En plus de la pénurie de personnel soignant déjà existante, l’obligation vaccinale a continué de détruire un système de santé français déjà fragile, surtout en période de besoin de personnel. Nous ne connaissons pas réellement le nombre de soignants suspendus, car les démissions, les disponibilités, les retraites anticipées, les arrêts maladies et les reconversions professionnelles n’ont pas été prises en compte dans les effectifs. Malheureusement, beaucoup ont tout perdu et certains se sont même suicidés, c’est impardonnable. Nous étions des citoyens de seconde classe, sans aucune aide et privés de tout. De nombreux soignants ont été contraints, voire forcés, de se faire vacciner”.
Les trois députées jurassiennes sollicitées
“Si demain la loi n’est pas abrogée et qu’un simple décret permet un retour au travail en cas de future pandémie avec une obligation vaccinale, peut-on être sûr que tous les soignants accepteront encore ce chantage ? Pas de vaccin, pas de salaire ! J’en doute !”, conclut-il, en se questionnant sur l’avenir des hôpitaux et des casernes de pompiers. “Peut-on encore parler de service public ?”.
Le 1er mai, Benjamin Olin a écrit aux trois députées jurassiennes pour leur faire part de son point de vue sur le vote à l’Assemblée concernant l’abrogation de la loi du 5 août 2021. “J’attends toujours une réponse”.
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