đ«đ· En France: « le coĂ»t des soins pour un dĂ©tenu sâĂ©lĂšve Ă 5 000 euros par an »
Montrez votre soutien aux forces de lâordre en ajoutant notre mĂ©dia Ă vos favoris sur GoogleSoulever des anomalies, certes. Mais aussi proposer solutions. Câest lâesprit dans lequel le sĂ©nateur Antoine LefĂšvre a souhaitĂ© rĂ©diger un rapport sur la santĂ© des dĂ©tenus dans les prisons françaises. « Il nâĂ©tait pas question de pointer du doigt des dysfonctionnements, et sâarrĂȘter là », annonce le parlementaire qui souligne le travail effectuĂ© par les personnels de santĂ© au sein des prisons. « Ce sont des hommes et des femmes passionnĂ©s, motivĂ©s, qui font un trĂšs gros travail. »
Lâobjectif de ce rapport qui vient dâĂȘtre Ă©ditĂ© par le SĂ©nat, est de dresser un constat, tout en proposant des alternatives. Antoine LefĂšvre a visitĂ© plusieurs centres pĂ©nitentiaires notamment ceux de Fresnes et Sequedin prĂšs de Lille. Il ne pouvait pas passer ignorer celui de sa ville. « Ă Laon, les choses se passent gĂ©nĂ©ralement bien. Il y a un siĂšge de dentiste, des consultations dâophtalmo. LâunitĂ© de soins est dĂ©tachĂ©e dans la prison mais dĂ©pend de lâhĂŽpital. Cela fonctionne. Des travaux ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©s pour de meilleures conditions dâaccueil et de travail. »
Plus globalement le problĂšme qui se pose câest le coĂ»t de la prise en charge des dĂ©tenus. « LâĂtat doit tenir ses engagements, car il a une dette envers les hĂŽpitaux et lâassurance maladie. Le coĂ»t est supportĂ© par les structures et pour lâinstant aucun remboursement nâa Ă©tĂ© effectuĂ©. Cela sâĂ©lĂšve Ă 88 millions dâeuros. Il faut que cela change. Les choses doivent se rĂ©gulariser. » Il faut savoir que le coĂ»t des soins pour un dĂ©tenu sâĂ©lĂšve Ă 5 000 euros par an, contre 2 475 euros pour une personne sous le rĂ©gime gĂ©nĂ©ral. « Cela coĂ»te cher, câest dâautant plus vrai lorsquâune intervention chirurgicale est programmĂ©e et quâau dernier moment la personne incarcĂ©rĂ©e refuse de sortir. La mobilisation des mĂ©decins, dâune escorte de police coĂ»te. Sur les 170 lits des unitĂ©s hospitaliĂšres sĂ©curisĂ©es 66 % sont occupĂ©s. Un chiffre qui tombe Ă 50 % dans certaines unitĂ©s. » Se pose aussi le problĂšme de lâaccueil des dĂ©tenus ĂągĂ©s ou en fin de vie. Les maisons de retraite dites classiques ne sont pas toujours favorables Ă accueillir ce type de patient.
Ce que propose le sĂ©nateur câest le dĂ©veloppement de la tĂ©lĂ©mĂ©decine, car la dĂ©sertification mĂ©dicale touche aussi les prisons. « Les vacations sont souvent contraignantes pour les soignants, certaines spĂ©cialitĂ©s ont du mal Ă trouver des professionnels, notamment dans la rĂ©gion. Il ne faut pas oublier non plus les agents pĂ©nitentiaires. Ils sont aussi touchĂ©s par cette pĂ©nurie. Imaginez que jâai rencontrĂ© des agents qui nâavaient pas de suivi mĂ©dical depuis six ans ! Ils subissent une pression importante, travaillent en milieu fermĂ©, ce nâest pas rien. Lâavantage de la tĂ©lĂ©mĂ©decine serait de pouvoir multiplier les consultations dans plusieurs lieux dâincarcĂ©ration avec un seul mĂ©decin. » Antoine LefĂšvre, qui en tant que rapporteur des crĂ©dits de la mission justice au sein de la commission des finances du SĂ©nat voit ce rapport comme un point dâĂ©tape. Il reste vigilant Ă toutes les questions liĂ©es Ă ce domaine.
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