đ«đ· 20 ans de prison requis contre RĂ©doine FaĂŻd pour son braquageÂ
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Au terme dâun rĂ©quisitoire de deux heures, au cours duquel il a tirĂ© tout ce quâil pouvait des Ă©lĂ©ments du dossier, lâavocat gĂ©nĂ©ral Luc FrĂ©miot a requis 20 ans de rĂ©clusion criminelle contre Redoine FaĂŻd et 15 ans contre le Lillois SaĂŻd Agouni, pour le braquage du fourgon blindĂ©, le 17 mars 2011, prĂšs dâArras. Contre Fabrice Hornec, en revanche, il nâa pas soutenu lâaccusation. Verdict ce jeudi.
« Sâil y a une pierre angulaire Ă ce dossier, câest le rĂŽle de M. Agouni. » Celui-ci ne devait pas se douter quâil aurait les honneurs des premiers mots de lâavocat gĂ©nĂ©ral, mais il y avait Ă©videmment une logique Ă cela : « Vous connaissez chacun des protagonistes de cette affaire ».
Ce nâest pas pour rien que le commandant Boulard, directeur dâenquĂȘte dans ce dossier, est venu prĂ©senter Agouni comme le « logisticien » du braquage. Luc FrĂ©miot a repris le terme Ă son compte et aussi tous les Ă©lĂ©ments qui accablent ce Lillois empĂȘtrĂ© depuis quelques annĂ©es dans ses mauvaises frĂ©quentations.
Imprudemment, il sâest ouvert de son rĂŽle dâaide Ă ses proches et surtout, il sâest fait piĂ©ger au dĂ©but de son incarcĂ©ration par la sonorisation de sa cellule. Ă un codĂ©tenu opportunĂ©ment curieux dâen savoir le plus possible, il a racontĂ© le braquage â sur lequel il nâĂ©tait pourtant pas â, les prĂ©paratifs, la maniĂšre dont il a cachĂ© lâargent et les armes, et accessoirement, il a mis en cause quelques-uns des autres accusĂ©s.
Similitudes avec Sequedin
Redoine FaĂŻd est le premier de ceux-lĂ , dâailleurs : « Mon pote, il avait sur lui des billets. JâespĂšre quâils ne venaient pas de la banque de France dâArras, sinon, on est morts⊠» Les billets venaient de la banque de France oĂč sâĂ©tait fourni le fourgon. Et ils en sont sortis dans un laps de temps qui comprend le jour du braquage. FĂącheux, pour FaĂŻd. De plus, Luc FrĂ©miot voit dans « le professionnalisme, la dĂ©termination, la prise de risque, la prise dâotage », une sorte de signature de Redoine FaĂŻd. Et il ne peut sâempĂȘcher de revenir sur la rĂ©cente Ă©vasion de la prison de Sequedin, qui prĂ©sente, câest vrai, certaines similitudes. La prise de risque, la prise dâotage, la dĂ©terminationâŠ
Pas dâĂ©lĂ©ments contre Hornec
En revanche, sâil est suspicieux de la « maniĂšre de vivre » de Fabrice Hornec, sâil remarque que son tĂ©lĂ©phone a Ă©tĂ© Ă©teint la veille du braquage â il ne bornait donc plus nulle part â pour ĂȘtre rallumĂ© le lendemain, Luc FrĂ©miot reconnaĂźt quâil nâexiste aucun Ă©lĂ©ment qui puisse signer la prĂ©sence du cousin des Hornec Ă Roclincourt ce jour-lĂ . « Je serais incapable, en vous regardant dans les yeux, de requĂ©rir contre vous une peine criminelle », dit-il. « Ce nâest pas en fonction dâun nom de famille quâon condamne les gens. » Mes Quentin Lebas et Jean-Yves Lienard, ses deux avocats, nâavaient plus quâĂ plaider un acquittement qui leur tend les bras, dans la foulĂ©e de ce rĂ©quisitoire.
Enfin, pour les trois autres accusĂ©s, suspects dâavoir participĂ© de plus loin Ă la logistique de ce braquage, lâavocat gĂ©nĂ©ral a demandĂ© des peines de sept et trois ans de prison. Les autres avocats de la dĂ©fense plaideront ce mercredi, le verdict sera rendu jeudi.
La Voix du Nord