đ«đ·Cellules ouvertes en prison: un dĂ©tenu agressĂ© fait condamner lâEtat qui lui versera la somme deâŠ
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenir
Le tribunal administratif de Poitiers a annulĂ© le rĂ©gime «portes ouvertes» qui Ă©tait en vigueur Ă la prison centrale de Saint-Martin-de-RĂ© (Charente-Maritime) et condamnĂ© lâEtat Ă verser 2.000 euros dâindemnitĂ©s Ă un dĂ©tenu victime dâagressions, Ă lâorigine de cette procĂ©dure.
Ce dĂ©tenu de Saint-Martin-de-RĂ© avait saisi le tribunal administratif aprĂšs avoir Ă©tĂ© agressĂ© Ă trois reprises par dâautres dĂ©tenus, tant Ă lâintĂ©rieur quâĂ lâextĂ©rieur de sa cellule, ce quâil imputait au fait que les personnes incarcĂ©rĂ©es pouvaient aller et venir librement dans la journĂ©e.
Selon lui, seule la «divagation» des dĂ©tenus imputable Ă lâAdministration pĂ©nitentiaire avait rendu possible ces agressions.
Lâaffaire avait Ă©tĂ© examinĂ©e en fĂ©vrier dernier par le tribunal administratif de Poitiers qui avait prononcĂ© un sursis Ă statuer, afin de sâassurer quâun tel rĂ©gime de «portes ouvertes» existait bel et bien dans cette prison oĂč sont incarcĂ©rĂ©s des personnes purgeant des longues peines.
Si le ministĂšre de la Justice a assurĂ© que les «portes des cellules nâĂ©taient ouvertes que pour la durĂ©e strictement nĂ©cessaire aux mouvements de dĂ©tenus», le tribunal a pris en compte dâautres Ă©lĂ©ments: un rapport du ContrĂŽleur gĂ©nĂ©ral des lieux de privation de libertĂ© aprĂšs deux visites en 2009, et surtout une note de la directrice de la prison datant de fĂ©vrier 2016.
Cette note «confirme implicitement que les dispositions du rĂšglement intĂ©rieur prescrivant la fermeture des portes ne correspondait pas Ă la rĂ©alité», relĂšve le jugement en date du 5 juillet, qui a donc dĂ©clarĂ© illĂ©gale lâexistence dâun rĂ©gime «portes ouvertes» et estimĂ© que les portes devaient ĂȘtre fermĂ©es, de jour comme de nuit.
Le tribunal administratif a estimĂ© Ă 2.000 euros le prĂ©judice de lâancien dĂ©tenu, pour deux des trois agressions dĂ©noncĂ©es. Il a en revanche rejetĂ© la demande dâindemnisation du dĂ©tenu qui rĂ©clamait 23.000 euros pour des fouilles Ă nu systĂ©matiques jugĂ©es trĂšs intrusives.
LibĂ©rationsÂ