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đŸ‡«đŸ‡·Le Havre: Agression d’une surveillante, le dĂ©tenu prolonge son bail en prison de 6 mois

·La rĂ©daction ⏱ 3 min
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«Oh, vous savez, madame le juge, quelquefois on dit ou fait ce qui nous passe par la tĂȘte », soupire El Hocine. La difficultĂ© avec le Havrais de 58 ans est qu’il a trĂšs facilement tendance Ă  s’emporter. Cela va lui coĂ»ter une sixiĂšme peine. Cette fois, il ne s’est pas contentĂ© de mots. Son sĂ©jour en dĂ©tention qui ne devait durer que six semaines et demie va ĂȘtre largement prolongĂ©.

Entre 2005 et 2013, le pĂšre de famille a Ă©tĂ© condamnĂ© pour de multiples outrages, des menaces Ă  l’encontre de fonctionnaires, des rĂ©bellions. Le 6 juin dernier, il est incarcĂ©rĂ© au centre de Saint-Aubin-Routot afin de purger deux peines d’un mois de prison chacune prononcĂ©es en 2012 et 2013. Il est d’abord placĂ© au quartier des arrivants. Puis, le 15 juin, une cellule lui est attribuĂ©e. Celle-ci ne lui convient pas et il le fera savoir Ă  une surveillante. Ladite cellule est dĂ©jĂ  celle d’un autre dĂ©tenu qui s’insurge de l’arrivĂ©e d’El Hocine. Dans un premier temps, le ton monte entre l’occupant des lieux et des agents. El Hocine en profite « pour prendre le large », selon la formule de la prĂ©sidente. Une jeune surveillante pose sa main sur son bras pour le faire revenir vers la cellule.

« Je refuse d’ĂȘtre Ă  deux dans un petit espace, exprime El Hocine jugĂ© en comparution immĂ©diate. Je n’ai pas supportĂ© qu’elle me tire. Elle y tenait absolument. Elle me tirait. C’était intenable pour moi. C’est comme si on me mettait dans un petit trou. » La prĂ©sidente Ă©coute, sans ĂȘtre convaincue : « Quand on est incarcĂ©rĂ©, ce n’est pas pour faire ce qu’on veut. Ce n’est pas ça ». ContrariĂ©, El Hocine rejette la main de la fonctionnaire et la blesse ainsi. Il la plaque contre le mur. Pour tenter un premier coup de poing qu’elle esquive. Un autre l’atteint. Enfin, le dĂ©tenu attrape la surveillante par son polo. « Quel Ăąge avez-vous ? Vous avez l’ñge de la raison ! », rappelle la juge. « Largement », confirme le Havrais. Son calme et son Ă©loquence Ă  l’audience tranchent avec l’acharnement sur la victime et ses dix jours d’incapacitĂ©. « On m’avait dit que monsieur pouvait ĂȘtre violent. Ça n’a pas Ă©tĂ© le cas avec moi ou vous, relĂšve l’avocate de permanence en direction des juges. Il s’est senti piĂ©gĂ© par madame arrivant derriĂšre lui et lui saisissant le bras. Il m’a dit qu’il aurait voulu l’embrasser aujourd’hui et lui demander pardon. » ChoquĂ©e par les violences qu’elle a subies, la surveillante n’est pas prĂ©sente au tribunal.

El Hocine devra lui verser des dommages-intĂ©rĂȘts. Et, il est condamnĂ© Ă  six mois de prison ferme supplĂ©mentaires. Ils sont assortis d’un nouveau mandat de dĂ©pĂŽt. La veille de cette comparution immĂ©diate, le Havrais a Ă©tĂ© « sanctionnĂ© un petit peu » selon lui, par la commission disciplinaire du centre pĂ©nitentiaire. Il sera seul dans une cellule du mitard jusqu’au 14 juillet.

Paris normandie

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